Le rayon vert

Et maintenant, homme de rien, fuis un moment tes occupations, cache-toi un peu de tes pensées tumultueuses. Rejette maintenant tes pesants soucis, et remets à plus tard tes tensions laborieuses. Vaque quelque peu à Dieu, et repose-toi quelque peu en Lui. Entre dans la cellule de ton âme, exclus tout hormis Dieu et ce qui t’aide à le chercher ; porte fermée, cherche-le

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Classé dans:Actualité

Nouveau blog : “Recherche de la Vérité”

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consacré à la croisade contre l’athéisme et le nihilisme, par la réunification de ce qui n’aurait jamais dû être séparé : judaïsme, christianisme, philosophie et science

Classé dans:Philosophie, Religions, Sciences

Halte à l’antisémitisme musulman

En tant que membre (pour mieux espionner ce qu’ils disent) du groupe Facebook “Contre la loi anti-niqab” :

http://www.facebook.com/group.php?gid=142738864325

voici le message que j’ai reçu de l’administratrice concernant un nouveau groupe qu’ils viennent de créer : “Tous ensemble contre le lobby sioniste français inchallah” :

http://www.facebook.com/?sk=2361831622#!/group.php?gid=112128598819172

Sur ce nouveau groupe ils sont prudents, récusent tout antisémitisme, en prenant bien soin d’utiliser le terme “sioniste” au lieu de “juif”

mais dans le message d’annonce du groupe qu’ils envoient, cette précaution, purement formelle et hypocrite, n’a plus cours : c’est bien le terme “lobby juif” que ces nazillons emploient :

«À l’attention des membres de Contre la loi anti-niqab ou burqa

Lila Dina 20 avril, à 06:20 Répondre
salam alaykaoum awa rahamatulah wa barakatuh, bonjour at toutes et a tous, voici notre noueau groupe visant a dennoncer le lobby juif en France insha’Allah, beaucoup de sujets y seront traités !
Invitez vos amis insha’Allah, barak’Allahu fikoum.
http://www.facebook.com/group.php?gid=113896948639983#!/group.php?gid=112128598819172&ref=ts »
C’est cette même administratrice “Lila dina” qui a relayé le honteux appel à la manifestation raciste et antisémite faisant un parallèle entre le meurtre d’Ilan Halimi et la récente affaire du vigile maghrébin tué dans des circonstances non encore éclaircies…
manifestation organisée par la sénatrice Halima Boumediene-Thierry, au cours de laquelle des pancartes antisémites ont été brandies :
Voir aussi mon nouveau blog “Grande CROISADE” sur WordPress:
 

Classé dans:Islam-choc des civilisations, Islam-fanatisme, Religions , , , , , , , ,

Les diables de Loudun

Revu hier soir ce film de Ken Russell qui avait fait sensation à sa sortie, en 1971…depuis on a fait mieux, enfin pire…

Quelques liens sur cette affaire des possédées de  Loudun (1634)

http://elifas.free.fr/loudun.html

http://fr.wikipedia.org/wiki/Urbain_Grandier

http://www.fullbooks.com/Urbain-Grandier.html (livre d’Alexandre dumas père, texte en anglais)

Que dire du film ?

d’abord que pour maintenir une “atmosphère” hystérico-diabolique d’un bout à l’autre (notamment avec la musique d’accompagnement) il n’hésite pas à se livrer à des exagérations grotesques : je doute que la Cour se soit amusée, comme passe-temps  à tirer au pistolet des protestants qu’on aurait d’abord attifés en costume d’oiseaux..

Je ne suis pas historien, mais il semble  qu’Urbain Grandier se soit borné à être un prêtre séducteur et “libertin”, et que son rpicipal péché ait été l’orgueil, puis la luxure : ceci ne mérite évidemment ni la luxure ni le bûcher ! ni même l’emprisonnement, si toutefois il n’y a pas eu viol…mais il est tout de même possible qu’il ait “profité” de son statut de prêtre pour abuser ses “conquêtes féminines”, il ne s’agit peut être pas de viols au strict sens du terme, mais il y a quand même abus..

La “possession” des religieuses semble recouvrir en fait des frustrations sexuelles fortes, notamment au niveau de la Supérieure, Jeanne des Anges.

Mais la principale malhonnêteté du film consiste en son caractère de brûlot anti-catholique et, ce qui plait actuellement bien sûr, de “plaidoyer pour la tolérance religieuse”…c’est à dire, en fait, pour le relativisme multiculturel, l’agnosticisme ou l’athéisme, la haine de toute vérité qui aurait un caractère absolu, c’est à dire de la Vérité (ceci soit dit sans vouloir excuser les excès réels commis par certains catholiques, et d’ailleurs par des protestants aussi).

en fait, le véritable enseignement que l’on peut et que l’on DOIT de toute cette affaire va dans un sens bien différent  : il est que la prétendue “liberté sexuelle”, libération des instincts qui est asservissement de l’âme aux isntincts,  aboutit aux mêmes égarements que la criminalité moderne la plus abjecte (celle, par exemple, des “tournantes” en cité).

La tragédie de ces “religieuses” est, ce qui est dit quelque part dans le film, qu’elles n’étaient pas vraiment cloîtrées par choix personnel, mais mises là par leur famille de petite noblesse qui n’arrivait pas à les marier convenablement…en fait, elles n’avaient aucune motivation religieuse sincère, et restaient donc soumises à leurs instincts sexuels les plus bestiaux, qui se donnaient libre cours à l’époque aussi bien dans les affaires de sorcellerie, qui étaient réelles (et touchaient aussi la Cour, voir l’afffaire des poisons).

non, Urbain Grandier ne méritait pas l’horrible fin qui fut la sienne, mais il fut quand même un triste sire …il eut le tort de devenir l’ennemi de tout un tas de personnes, dont Richelieu.

Quant à la prétendue “tolérance religieuse”, elle est évidemment justifiée s’il s’agit d’éviter des massacres, mais elle recouvre aussi souvent le libertinage et l’impossibilité d’orienter la vie vers la rdcherche de la vérité, ce qui s’appelle : nihilisme.

Dans 3 siècles (si du moins l’humanité existe encore, et s’il y a encore des films) , on fera peut être un film sur les phénomènes actuels de “possession” dans la société française, qui ne peuvent plus être attribués au catholicisme : comme dans le cas de cette élève de 15 ans lynchées par pur amusement :

http://www.fdesouche.com/articles/98422

Classé dans:cinéma

Thomas d’Aquin : Summa contra gentiles

L’étude de la pensée de Thomas d’Aquin est absolument nécessaire, indispensable, et “première” dans la perspective de ce blog, mais aussi pour tout homme voulant favoriser l’émergence d’une culture universelle.

C’est le dernier, et plus haut, stade de développement de la métaphysique chrétienne médiévale et “latine” (européenne) et c’est là que l’on peut le mieux se convaincre de la prédominance de l’intellectualité européenne sur la “musulmane”, je veux dire l’averroïsme : car Thomas d’Aquin a mené avec un succès complet la guerre contre cette tendance averroïste, qui d’après beaucoup n’a pas franchement disparu et referait surface chez Wittgenstein ou d’autres, d’après laquelle il n’y a qu’un seul Intellect, la pluralité des intelligences humaines individuelles étant illusoire.

Après Thomas d’Aquin , le “somemt”, vient la “descente” vers les temps modernes, qui signent l’oubli complet de la scolastique, via le nominalisme…

il s’agit ici de tenir ce pari : confronter la modernité véritable (cartésienne et malebranchiste) ET la Scolastique…

pour, peut être, avoir une vue sur le Tout , le “regard d’aigle” que j’avais associé à la Mathesis Universalis, “science des principes premiers” ?

René Guénon se plaint quelque part du fait que si ‘lon donnait à lire à des étudiants même très avancés la Somme théologique, ils n’y comprendraient rien..

il a sans doute raison!

La “Somme contre les gentils” est à mon avis la “porte d’entrée” la plus accessible dans cette pensée qui prend les allures d’un Mont Everest pour nous autres contemporains…

et bien sûr, là aussi, un autre intérêt est l’apprentissage “sur le tas” du latin médiéval (et d’un excellent latin), si important pour toute étude de la métaphysique, ainsi que pour une culture véritable..

quelques liens à son propos :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Somme_contre_les_gentils

http://en.wikipedia.org/wiki/Summa_contra_Gentiles

Texte latin :

http://www.corpusthomisticum.org/scg1001.html

traduction en français :

http://livres-mystiques.com/partieTEXTES/Stthomas/Gentils/gentils.htm

traduction en anglais :

http://dhspriory.org/thomas/ContraGentiles.htm

http://www2.nd.edu/Departments/Maritain/etext/gc.htm

autres sites sur Thomas d’Aquin :

http://docteurangelique.free.fr/

Classé dans:Latin-grec, Metaphysica, Philosophie, philosophie chrétienne , , , , , , ,

Bible : Le livre de la Sagesse de Salomon

Pourquoi ne pas faire plusieurs choses en même temps ?

-apprendre du latin et du grec, et de l’hébreu puisque ces langues sont absolument nécessaires pour la compréhension vivante de ce qu’est l’Occident

- et étudier la Bible

Nous disposons de toutes les ressources en ligne nécessaires sur Internet, voici quelques sites donnant les différentes versions de l’Ancien et du Nouveau Testament :

http://www.thelatinlibrary.com/bible.html

http://speedbible.com/vulgate/

http://www.lexilogos.com/bible_hebreu_grec.htm

http://ba.21.free.fr/septuaginta/sagesse/sagesse_1.html

Commençons par le Livre de la Sagesse (Liber Sapientiae), dont voici les versions grecques et latines (pas de version hébraïque pour ce texte) et la traduction en français :

http://www.thelatinlibrary.com/bible/wisdom.html

http://speedbible.com/vulgate/B80C001.htm

http://ba.21.free.fr/septuaginta/sagesse/sagesse_1.html

et l’on a aussi ce site, encore plus pratique puisque les trois versions (grecque, latine et traduction en anglais) y sont présentées côte à côte :

http://www.newadvent.org/bible/wis001.htm

Chapitre 1

verset 1

 

diligite iustitiam qui iudicatis terram sentite de Domino in bonitate et in simplicitate cordis quaerite illum
Ἀγαπήσατε δικαιοσύνην, οἱ κρίνοντες τὴν γῆν, φρονήσατε περὶ τοῦ κυρίου ἐν ἀγαθότητι καὶ ἐν ἁπλότητι καρδίας ζητήσατε αὐτόν.
Aimez la justice, vous qui jugez la terre ; ayez le cœur bon en pensant au Seigneur ; cherchez-Le dans la simplicité du cœur.
 
On remarquera les deux verbes :
 
φρονήσατε   : penser, réfléchir  sur, qui est relié à ἀγαθότητι  la bonté du coeur
et
ζητήσατε : chercher, s’enquérir , enquêter, relié à la simplicité du coeur, à la pensée méditante
Le premier est la pensée réflexive, dualisante, intellectuelle; le second la pensée “unitive”, pensée du coeur, pourrait on dire…
on remarque l’odre : la réflexion vient en premier, avant la méditation interrogative et questionnante…
noter la traduction latine : “sentite” pour la pensée réflexive…
verset 2
 ὅτι εὑρίσκεται τοῖς μὴ πειράζουσιν αὐτόν ἐμφανίζεται δὲ τοῖς μὴ ἀπιστοῦσιν αὐτῷ
 quoniam invenitur ab his qui non tentant illum, apparet autem eis qui fidem habent in illum

Classé dans:Langues anciennes, Latin-grec

DIEU

tout va de mal en pis n’est ce pas ? plus personne désormais ne songera à le nier, et ce constat est valable aussi pour les pays qui s’en sortent le mieux au point de vue économique, les pays “émergents” , en premier lieu la Chine qui accède rapidement au statut de grande puissance internationale , et sera peut être la première dans 10 ou 20 ans ; à tel point que si les USA ont renoncé, faute d’argent, à renvoyer des hommes dans la Lune, la chine pourrait bien le faire dans les années 2020 ou 2030….

oui mais en quoi cela traduit il un véritable progrès du peuple Chinois ? en rien, et les observateurs qui connaissent bien ce pays remarquent que l’Etat “communiste” est engagé dans une véritable fuite en avant , et même une fuite à l’abîme : dès que le taux de croissance quite la zone des 8 % annuels, des troubles sociaux de grande ampleur menacent…

Je ne vais donc pas m’étendre là dessus, nous savons tous maintenant, ce qui n’était pas encore le cas il y a dix ans, que l’humanité est en train de sombrer dans l’abîme…

Nous tombons.

Mais l’on m’objectera que j’ai depuis longtemps insisté, sur le blog http://mathesis.blogg.org  par exemple, sur le caractère admirable d’un ouvrage de Brunschvicg qui a pour titre :

Le progrès de la conscience dans la philosophie occidentale

et qui est ici  (tome I et II):

http://classiques.uqac.ca/classiques/brunschvicg_leon/progres_conscience_t1/progres_conscience_t1.html

http://classiques.uqac.ca/classiques/brunschvicg_leon/progres_conscience_t2/progres_conscience_t2.html

Alors ? il faudrait savoir!!!  y a t’il chute, ou progrès ?

Les deux !!!

Il y a chute tragique de l’humanité dans son ensemble par “éloignement progressif et accéléré” du Principe (Dieu) ET il y a progrès apporté par de grands hommes, assez rares au demeurant, dans le domaine de la philosophie, de la religion, et de la science.

Ceci répond d’ailleurs parfaitement au “pessimisme rationnel” de Brunschvicg, qu’il énonce ainsi : nous pouvons douter de NOTRE rapport à l’Esprit, mais pas de l’Esprit lui même… ou encore, parlant de l’humanité contemporaine (dans les années 1920, mais je ne pense pas que le diagnostic ait changé aujourd’hui) :

“le sommet s’élève, mais la base s’enfonce”

C’est aussi le diagnostic de gens aussi différents (entre eux et par rapport à Brunschvicg, et donc au modeste disciple de celui ci qu’est votre serviteur) que René Guénon et que Cioran, qui parle de la “chute dans le temps”.

C’est aussi celui de la Bhagavad Gitâ, quand elle affirme que chaque fois que le Dharma (l’ordre cosmique) est menacé dans ses fondements mêmes, l’Etre suprême (appelé Krishna, ou d’autres noms) s’incarne et “redresse la situation”.

Mais c’est avant tout la Bible et le christianisme qui permettent le mieux de comprendre “ce qui nous arrive”, et ce qui ne peut que nous arriver, avec la “thèse”, ou la “théorie” (je sais que ces mots sont idiots, mais je n’arrive pas à trouver le terme juste) du péché originel.

Si j’admets maintenant, ce qui n’était pas le cas encore il y a un an, que le christianisme est la “religion” et la “philosophie” (là encore je n’arrive pas à trouver le terme juste) qui est supérieure à toutes les autres, c’est avant tout à cause de ces deux choses, qui y sont présentes en lui et lui seul : le péché originel et la Trinité, le caractère UN et TRINE de l’Absolu, du Principe, de Dieu.

Par contre je n’arrive absolument pas à “comprendre” l’Incarnation de Dieu en un homme historique : Jésus-Christ. Ce que je nommais il n’y a pas si longtemps encore un “mythe”, sublime certes, ou dans les jours où j’étais mal luné une “fable”, continue encore aujourd’hui à me scandaliser…

La Trinité et le péché originel non plus, je ne les “comprends” pas, et c’est bien normal, puisqu’il s’agit des deux vérités les plus sublimes de toutes. Mais j’arrive à admettre sans aucun recul leur caractère de vérité absolument nécessaire.

Mais je l’admets “les yeux fermés” en me disant que si les deux autres sont justes, et signalent donc le caractère supérieur et indépassable du christianisme, celui là doit l’être aussi…credo quia absurdum !

Eh oui ! tout arrive, et c’est là encore un “signe” du caractère profondément “troublé” et incompréhensible de l’époque que nous vivons : c’est un homme tel que moi, qui fut “athée” très longtemps, qui ne connaît rien aux religions, ni aux autres domaines de l’esprit d’ailleurs, qui se propose ici d’entrer dans l’arène philosophique pour servir en combattant du christianisme, contre des “géants” d’une culture incomparablement supérieure tels que Badiou !

Je demande donc humblement au Christ, au Logos, à la Sagesse de Dieu, la Raison universelle des esprits, de m’aider : sans Lui, je ne puis rien, que m’écraser dans la fange et la poussière ou la boue qui est mon séjour…

Quand quelqu’un a une communication importante à faire, il invoque les puissances cosmiques, le Ciel, la Terre, le Soleil, les Etoiles : par exemple, dans le Coran, lorsque le Maître spirituel (le “gourou” ébionite Waraqa Bin Nawfal ) s’adresse pour la première fois à Mahomet, qu’il veut convertir au monothéisme..

Moi je me contenterai, pour donner du “poids” à mes propos, d’invoquer ma souffrance d’homme qui se sait mortel, promis sous peu à l’anéantissement, et écrasé par le savoir indubitable d ‘avoir complètement raté sa vie dans tous les domaines, d’avoir gaspillé ses maigres “talents”, donnés par Dieu, de par sa propre faute, en menant une existence pusillanime, vouée aux “plaisirs”…

et encore… des plaisirs qui se sont révélés être des sources de souffrances innombrables; ce que j’aurais pu savoir d’emblée si j’avais pris au sérieux, dans mes jeunes années, deux livres admirables qu’il faut absolument prendre au sérieux : la Bhagavad-Gitâ, et le Traité de la réforme de l’entendement, de Spinoza..

mais je suis, à moi tout seul, un “peuple à la nuque raide” !

Ce n’est pas rien une telle souffrance ! ça, au moins, c’est vrai…”ça c’est vraiment toi” dirait le groupe “Téléphone” !

mais je pourrais aussi citer les dernières lignes  de “Comment c’est”, de Samuel Beckett, pour en parler, de cette souffrance :

«si tout ça tout ça oui si tout ça n’est pas comment dire pas de réponse si tout ça n’est pas faux oui

tous ces calculs oui explications oui toute l’histoire d’un bout à l’autre complètement faux oui…

et cette histoire de procession pas de réponse cette histoire de procession oui jamais eu de procession non ni de voyage non…

non jamais eu personne non que moi pas de réponse que moi oui ça alors c’était vrai oui moi c’était vrai oui

et moi je m’appelle comment pas de réponse MOI JE M’APPELLE COMMENT hurlements bon»

ou bien, encore mieux, les fascinants vers de Milton au début de “Paradis perdu”, décrivant la situation de Satan et de ses compagnons, après leur chute dans l’Enfer :

http://fr.wikisource.org/wiki/Le_Paradis_perdu

«D’un seul coup d’oeil, et aussi loin que perce le regard des anges, il voit le lieu triste dévasté et désert : ce donjon horrible, arrondi de toutes parts, comme une grande fournaise flamboyait. De ces flammes point de lumière, mais des ténèbres visibles servent seulement à découvrir des vues de malheur ; régions de chagrin, obscurité plaintive, où la paix, où le repos ne peuvent jamais habiter, l’espérance jamais venir, elle qui vient à tous ! Mais là des supplices sans fin, là un déluge de feu, nourri d’un soufre qui brûle sans se consumer.

Tel est le lieu que l’Eternelle Justice prépara pour ces rebelles ; ici elle ordonna leur prison dans les Ténèbres extérieures »

Non que j’ose me comparer à Satan : à tout seigneur tout honneur !

Mais je considère que cette souffrance, à défaut du Cogito, prouve ma validité, ma substantialité, ma “réalité”, quand même, malgrès tout…

et c’est adossé à elle, à cette voix intérieure qui ne me quittera jamais, et sera toujours là pour moi, à l’instar de celle de la fin de “L’arrêt de mort” de Maurice Blanchot, que je parlerai, que j’oserai élever la voix, moi, pauvre vers de terre,  et ceci pour parler du sujet le plus sacré, le plus difficile entre tous :

 DIEU

Oui, j’oserai, pour commencer, contredire l’un des plus grands philosophes de notre temps, un véritable philosophe celui là, pas un imposteur à la BHL : Eric Weil.

Car à celui ci qui dit que la philosophie n’a pas de présupposés, j’oserai rétorquer qu’elle en a un et un seul :  Dieu.

La philosophie est recherche de la Vérité, c’est à dire de Dieu : elle est un discours qui part de Dieu pour aller à Dieu. Un parcours circulaire ; mais entre temps, tout aura été démontré par la Raison.

Seulement, on me demandera sans doute de “prouver”, puisque ce blog se veut “philosophique”, “démonstratif” , l’existence de ce que je clame être mon point de départ et mon point d’arrivée : l’existence de Dieu.

Or, ici, je serais de mauvaise “foi” si j’invoquais les innombrables “preuves de l’existence de Dieu” qui existent dans l’oeuvre des grands philosophes : Saint Thomas d’aquin, Saint Bonaventure, Saint Anselme, Descartes, Spinoza, Lagneau, et bien d’autres…la dernière en date étant celle, purement formalisée logiquement, de Kurt Gödel.

Car ces “preuves” accomplissent  un tout autre office que celui de “prouver”, au sens logique ou mathématique, l’existence de Dieu, aussi ne contenteront elles jamais ceux qui se croient, ou se prétendent, ou s’affirment, athées, ou “agnostiques”..

Et c’est bien pour cela que l’athéisme, qui est une véritable absurdité philosophique et rationnelle, ne cesse de croître et d’embellir : à cause d’une mauvise compréhension de tous les discours philsophiques sur dieu, à commencer par celui de l’Evangile..

Ces “preuves” sont admirables et il faut absolument les lire, les relire, les méditer des années, les assimiler, s’en nourrir pendant toute la vie; mais elles ont un tout autre but que de “prouver” , au sens scientifique, l’existence de leur objet, mise à part peut être celle de Gödel.

Ainsi que l’a montré Hegel, leur véritable sens réside en une “élévation de l’esprit humain à l’Esprit Infini qui est Dieu“, et non pas en une démonstration extérieure à son objet et formelle…

Je clame, et j’affirme, qu’il n’y a pas besoin de prouver l’existence de Dieu, et que c’est même la seule chose qui n’a pas besoin d’être prouvée, parce qu’elle est une certitude absolue, absolument apodictique si l’on veut…

Ceci par contre est une thèse : j’entends ici la démontrer, ce qui sera bref !

Elle n’est d’ailleurs pas nouvelle, et Descartes dit déjà :

 «J’ai en quelque façon premièrement en moi la notion de l’infini que du fini, c’est-à-dire de Dieu que de moi-même.»

L’Infini, c’est l’Etre, l’UN, Dieu : contrairement à ce que dit Lacuria, j’estime que l’Infini, malgrés la forme négative du mot, n’est pas une négation : c’est le fini qui est une négation, ou plutôt une détermination, une forme délimitée sur l’Infini; d’ailleurs toute détermination est une négation. Il faut que l’Infini soit, d’abord, pour que l’on puisse y découper une forme délimitée, “finie”. Aussi n’est il pas l’Infini mathématique, qui est plutôt l’indéfini, c’est à dire l’Infini, ou l’Etre, uni avec une idée du Non-être.

Le Non -être n’est pas, mais Dieu a une idée du Non être, pour pouvoir penser, c’est à dire s’agissant de Dieu “créer”, des êtres différents de lui, des mixtes,  ayant une “part” de non-être : seul l’Etre, l’Infini, n’a aucune part de Non-être, et d’ailleurs aucune part du tout, puisqu’il est UN. A cet Infinicorrespond plutôt le signe-mot 1, à l’indéfini correspond plutôt le ∞….

A cette préséance de l’Infini sur le fini, correspond chez Descartes, selon une démonstration rigoureuse, une préséance de Dieu sur moi même, selon l’Etre, bien que selon le connaître, selon l’ordre analytique la preuve de l’existence de l’ego soit donnée d’abord, dans la première médiatation, avec le célèbre cogito…..

mais je ne veux pas ici résumer ou commenter Descartes… j’ai dit que je démontrerais l’absolue évidence de “l’existence” de Dieu, voici cette démonstration…

avec juste une précaution préalable sur le mot “existence”, qui est à l’origine de la plupart des mécompréhensions athées ou agnostiques : nous n’avons que deux sortes de notions de l’existence, en préambule à l’étude de la philosophie, l’existence des objets étendus dans l’espace-temps d’une part, et l’existence des objets abstraits, dont l’archétype est celui des objets mathématiques.

Pour démontrer que les corbeaux existent, il suffit de trouver un corbeau; pour démontrer que Marcel Truc existe, il suffit de connaître son adresse, qui peut éventuellement être l’emplacement de son cercueil… par contre il est beaucoup plus délicat de démontrer que les licornes et les fées n’existent pas.  D’ailleurs les fées existent, j’en connais une…

Pour démontrer qu’un objet abstrait existe, il faut entrer dans l’arène logico-mathématique : pour prendre un exemple célèbre, nous savons depuis 1994 et la démonstration d’Andrew Wiles que le nombre premier P  qui est le maximum des nombres premiers p tels que l’équation :

Xp + Yp = Zp

ait une solution en nombre entiers X,Y,Z non nuls, ce nombre P existe et est égal à 2 : c’est le grand théorème de Fermat; avant 1994 on ne savait pas si P existait…

pour plus de précisions sur ce domaine des objets abstraits, voir la page de Zalta et son livre “Abstract objects” :

http://mally.stanford.edu/

http://mally.stanford.edu/publications.html

http://books.google.fr/books?id=voCSP6k3FCcC&dq=zalta+abstract+objects&printsec=frontcover&source=bn&hl=fr&ei=7a9yS9sBy7XiBryY1NgJ&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=5&ved=0CCEQ6AEwBA#v=onepage&q=&f=false

Mais bien sûr l’existence de Dieu ne peut correspondre à aucun de ces deux modes d’existence, si du moins elle doit prendre sens, si Dieu doit être Dieu: aussi vaut il mieux éviter le terme “exister”, ou bien le comprendre “cum grano salis”, à charge de ceux qui ne tiennent pas compte de cette précaution de définir le sens du terme “existence” qu’ils utiliseront, et qui ne peut être l’un des deux sens que nous utilisons dans la vie de tous les jours…

Ceci étant dit, portons sur nous même un regard réflexif : que voulons nous exactement “faire”, c’est à dire “penser”, quand nous réclamons une “preuve” de l’existence de Dieu ? voulons nous une démonstration sur le modèle des mathématiques ?

il est facile de voir que ceci ne peut être, car une telle démonstration devrait partir d’un ou plusieurs axiomes présupposés, dont on dériverait Dieu par des règles d’inférence logique : or qui garantira la vérité des axiomes ? l’évidence ? mais si une telle évidence n’est pas absolue, elle pourra toujours tomber sous le doute sceptique, et seul Dieu peut garantir vraiment quelque chose de manière absolue : nous serions alors ramenés à la foi, à la nécessité de croire en Dieu préalablement à toute évidence, à toute rationalité. La Foi précèderait la Raison: or Descartes a déjà démontré le contraire, mais je veux ici en donner une autre démonstration.

Regardons plus attentivement : quelle est au juste la “nature” de la question de Dieu ? est une question comme nous en rencontrons dans la vie de tous les jours, un problème de type mathématique, un jeu, un débat comme à “C’est mon choix” ?

Evidemment non ! la question de Dieu est la plus haute, elle doit, si elle a un sens , engager notre existence, notre vie, notre façon d’être…ce n’est pas un “problème” technique ou intellectuel que nous pourrions résoudre techniquement..

Dans la question de Dieu, nous sommes mis en question pour autant qu’il s’agit de notre Etre même !

L’Idée de Dieu a , si elel correspond à Dieu qui est l’Infini, une infinité de “facettes” infinies : mais en voici au moins deux sans lesquelles l’Idée que nous nous ferions de Dieu ne saurait correspondre à Dieu : cette Idée doit recouvrir le Bien absolu, la Valeur par excellence, et aussi l’Intelligibilité totale du “monde” phénoménal, de “tout ce qui arrive”…

L’Intelligibilité divine correspond au second terme de la Trinité, au Fils, au Verbe, qui est la Sagesse de Dieu : c’est ce qu’a mis en avant Einstein quand il parlait de “Dieu” comme se confondant avec le fait que “le monde est intelligible aux hommes de science, dans la physique”.

 Dieu n’est pas seulement cela, mais il est aussi cela, car s’il y avait dans le monde phénoménal un “résidu d’inintelligiblité”, dont nous pourions savoir (comment ?) que par principe l’homme ne peut le comprendre, il n’y aurait pas de sens à poser la question de dieu, de ce qui est “avant” et “au delà ” du monde : on pourrait rétorquer à qui poserait cette question : “comprenez et expliquez d’abord le noyau inintelligible, et après vous piourrez poser des questions en direction du Tout”

ensuite la Valeur : “Dieu” doit garantir l’orientation absolue de ma vie, et de celle de tout être vivant raisonnable…

Nous qui débattons ensemble de manière rationnelle, philosophique, sur la question de Dieu, en la rédusiant et simplifiant au point de savoir si Dieu est ou non, nous voulons que l’éventuelle réponse affirmative à la question nous permette d’orienter absolument notre vie, et de l’orienter non pas dans un conflit , mais dans une intersubjectivité et un Amour absolus.

Sinon Dieu ne serait pas le Bien, la Valeur, mais il serait au même niveau que les “biens” matériels ou sensibles pour lesquels les hommes sont en concurrence et se font la guerre, ou au niveau des Idoles ethniques des obscurantismes religieux, tels le faux Dieu de l’Islam, que les guerriers d’Allah cherchent à imposer à toute l’humanité par la guerre dite “sainte”.

Imaginons que nous répondions “NON” à la question de Dieu : qu’est ce que cela signifierait ?

 Cela signifierait qu’il est impossible qu’il y ait un Bien véritable que tous les hommes puissent prendre pour Etoile Polaire pour orienter leur vie, leur pensée, et leur action; ET cela voudrait dire que si le Bien véritable est, alors il ne peut pas garantir l’intelligibilité totale du monde.

Soit la Valeur absolue manque, soit l’Intelligibilité absolue de ce qui arrive manque, soit les deux…

Je dis que quelqu’un qui dit cela sans se tuer, ou sans chercher à détuire toute existence, effectue une “contradiction performative” !

Qu’est ce qu’une contradiction performative ? c’est quand je dis quelque chose, mais que mon action démentit ce que je dis… par exemple si je dis : “aucun train ne passera sur cette voie avant demain, c’est une certitude”, mais que je refuse de m’asseoir sur la voie aujourd’hui…

Dire que la Valeur, et/ou que l’Intelligibilité absolue manque, c’est dire qu’il est impossible qu’une existence humaine soit possible : c’est dire que seule une existence animale et instinctive, en concurrence  pour les biens sensibles et en guerre pour imposer sa “croyance” ethnique , sera éternellement le lot des humains…

C’est donc dire que l’existence humaine n’a pas de sens : puisque l’existence se résume à une existence animale, et que de touters façons il faut mourir un jour, pourquoi respecter la justicie, pourquoi ne pas se mettre à tuer tout le monde pour lui prendre ses possessions, ses femelles, etc…?

par peur de la police ? mais ceci n’est pas humain !

par peur d’être tué dans la guerre de tous contre tous ?

mais de toutes façons il faut mourir !

Si l’on dit cela, et il est tout à fait possible de le dire, alors il faut en tirer la conséquence, si du moins nous nous plaçons à ce niverau où l’existence est engagée dans sa totalirté par la pensée : puisqu’il est impossible de tuer tout le monde, et de conquérir tout, il faut se tuer…

or jamais l’on n’a vu quelqu’un se tuer parce qu’il ne croyait pas en Dieu, parce qu’il avait démontré qu’il n’y a pas de Dieu !

sauf dans Dostoievsky !

On voit beaucoup de gens se tuer, mais ils confirment par là qu’ils pensent que la tragédie est réelle, que la Vie est réelle, que Dieu est réel, et qu’ils sont impuisants à rejoindre la Vie, qu’ils sont indignes de Dieu.

Ce n’est pas Dieu qui les fait penser ainsi : c’est eux qui se mentent à eux mêmes , parce qu’ils ne savent pas ce qu’est la Pensée!

Je ne me tue pas, je ne tue pas, je ne viole pas, et je ne fais pas cela par peur de la police (sinon je me tuerais).

Donc, rétroactivement, pour paraphraser Badiou en le retournant : DIEU EST.

CQFD.

 

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Les nombres et la mathesis universalis

L’exemplaire des “Harmonies de l’être exprimées par les nombres“, de Lacuria,  que je possède est très rare, il a fait l’objet d’un “envoi” par l’auteur , avec signature, puis est passé en la possession d’Ely Star en 1889, qui a mis de précieuses annotations tout au long du texte.

J’extrais ces lignes de la préface :

«entre l’esprit et la matière, entre le fait et l’idée, entre la foi et la science, par conséquent, il y a une espèce d’être intermédiaire dont fort peu, jusque là, ont compris l’existence mystérieuse: être qui est un lien entre le ciel et la terre, être qui n’est ni fni ni infini, mais qui fait communiquer l’un à l’autre; être qui est en même temps immatériel et formé de la matière; qui est à la foi éternel comme Dieu, divisible comme la matière; qui se trouve à la fois dans le créateur et dans la dernière des créatures; être par conséquent qui doit jouer un rôle important dans cette union de l’esprit et de la matière, de la foi et de la science que la société appelle de ses voeux : cet être, c’est le nombre»

Ce court extrait rappelle évidemment Pythagore, ce “génie presque divin” auquel Lacuria rend ensuite un hommage appuyé… mais nous savons d’après Brunschvicg qu’il y a deux façons d’envisager le pythagorisme, l’une régressive et l’autre progressive..

 or j’estime que la doctrine de Lacuria, tout imprégnée du rationalisme comme du supra-rationalisme catholique, évite les Charybde et les Scylla du mysticisme comme de l’occultisme.

Pour tout dire je trouve dans ce livre un explication et comme un développement, au moins une ébauche, de cette “Mathesis universalis” cartésienne et leibnizienne (mais aussi proclusienne) qui me fascine depuis toujours témoin mes blogs passés :

http://mathesis.blogg.org

http://sedenion.blogg.org

http://principiatoposophica.blogg.org

http://mathesisuniversalis.blogg.org

En aucun cas les nombres, ou la mathématique, ou la mathesis, ne se confondent avec la métaphysique ou l’ontologie.

Cela, ce serait  la doctrine de Badiou, qui mène à des impasses tragiques, tragiques parce que notre post-modernité contemporaine semble totalement intoxiquée par ce qu’il faut bien appeler sa “nouvelle coqueluche” (après le “grand chamane”  Lacan et d’autres imposteurs).

Voci ce qu’écrit Badiou dans la méditation UN de l’Etre et l’évènement, consacrée à l’un et au multiple, et qui se veut  la “suite”  et la conclusion du Parménide de Platon:

«ce qu’il faut énoncer c’est que l’un, qui n’est pas, existe seulement comme opération. Ou encore : il n’y a pas d’un, il n’y a que le compte-pour-un.

L’un, d’être une opération, n’est jamais une présentation.

Il convient de prendre tout à fait au sérieux que “un” soit un nombre; et, sauf à pythagoriser, il n’y a pas lieu de poser que l’être, en tant qu’être, soit nombre»

Se débarrasser ainsi du pythagorisme est assez cavalier, comme l’est d’ailleurs la manière dont Badiou “expédie” le Parménide et ses “tourniquets” en une ou deux lignes pour trancher, nouvel Alexandre, le “noeud gordien” de la “volupté de ne jamais voir venir le moment de conclure”…

sa stratégie de trancher le noeud, la “décision” que “l’un n’est pas”, n’est pas nouvelle… elle découle de Platon lui même, et est reprise par Singevin dans son magistral “Traité sur l’un”… elle découle aussi (sans jamais le dire)  de Brunschvig qui oppose de manière tranchée hénologie et ontologie, ce que ne fait pas Badiou puisqu’il continue à se préoccuper d’ontologie, identifiée à la mathématique, et singulièrement à la théorie des ensembles ZFC de Zermelo-Fraenkel (plus l’axiome du choix).

les lignes de Badiou peuvent sembler sybillines, mais la pensée de Lacuria permet admirablement ce qui se tient derrrière, et qui n’est rien moins qu’admirable… j’ ai d’ailleurs déjà abordé ceci à propos de l’infini créé,  dont j’ai montré qu’il est le pseudo-infini déjà thématisé par Plotin , qu’il vaut mieux appeler “indéfini”, et que le Gestell, le système d’arraisonnement de la mondialisation que je nomme T.I.N.A. (= there is no alternative) voudrait élever au rang du seul Infini légitime : Dieu..

précisons d’abord que ce que Badiou appelle “présentation” ou “situation“, ce sont des ensembles (au sens de Cantor). Une situation est une présentation structurée, c’est à dire la double multiplicité des termes, établie dans le partage du compte-pour-un  : multiplicité dite inconsistante (par rétroaction) “en amont” du compte, et consistante (c’est là l’ensemble) “en aval”. Quant au terme “présentation”, il ne le définit jamais vraiment, en tout cas dans l’Etre et l’évènement. Il précise simplement :

ce qui se présente est multiple, et l’on ne voit pas qu’on puisse s’ouvrir un accès à l’être hors de toute présentation

j’adore le “on ne voit pas”, si badiousien : il raye ainsi d’un trait de plume toute l’expérience des grands mystiques chrétiens, ou des yogis orientaux…

plus loin :

 “en somme : le multiple est le régime de la présentation, l’un est, au regard de la présentation, un résultat opératoire”

Or il commet déjà un premier coup de force en restreignant ce qu’il appelle “multiple structuré” aux ensembles, puisque dans le forme moderne de la mathématique, ce sont les catégories qui jouent ce rôle.

 Un ensemble est certes une catégorie, mais  justement sans structure aucune, et d’ailleurs à toute catégorie on peut associer un ensemble, par le foncteur dit “foncteur d’oubli” : l’ensemble des objets de cette catégorie, en “oubliant” tous les morphismes entre les objets, qui caractérisent justement la structure de la catégorie… un ensemble est donc une catégorie dont on a effacé toute structure, ou du moins la seule “structure” qui reste est le compte-pour-un qui “tient ensemble” les éléments en UN ensemble : cet ensemble…

http://categories.wordpress.com/

http://fr.wikipedia.org/wiki/Cat%C3%A9gorie:Th%C3%A9orie_des_cat%C3%A9gories

http://fr.wikipedia.org/wiki/Ensemble

Je rappelle aussi l’article de Cassou-Noguès dont j’ai déjà donné le lien sur la pensée de Badiou dans l’Etre et l’évènement :

http://methodos.revues.org/document548.html

Mais le vrai coup de force de Badiou est tellement gros qu’il n’apparait pas, il est situé dans la méditation UN, page 33 (Editions du Seuil):

Il n’y a que des situations. L’ontologie, si elle existe, est une situation

Ah bon ?  moi j’avais cru qu’il n’y avait  que des étants, comme les arbres, les jupes de femmes, les trains…certes on peut modéliser un train comme  une multiplicité structurée, pour faire ensuite fonctionner sur cet “objet” les différents “calculs” scientifiques.

Seulement le concept “train”, ou son modèle mathématique, n’est pas le train…sinon, voyant le train arriver à toute vitesse, nous demanderons à Badiou de s’asseoir au beau milieu de la voie… après tout, il n’y a là que des multiplicités structurées, où est le danger ?

Mais il est vrai qu’échappant au domaine de l’ontologie, il y a les évènements, et la rencontre de Badiou assis et du train risque fort d’en être un…et assez sanguinolent…

Nous reviendrons à Badiou , puisque je me suis promis de “déconstruire” ici sa pensée, mais voyons ici les lumières qu’apporte Lacuria là dessus..commençons par fixer le cadre de l’ontologie, la science de l’être en tant qu’être, qui n’est nullement la mathématique !

L’UN n’est pas,certes, mais qu’est ce que cela signifie ?

que l’UN n’est pas….un étant !

L’Etre non plus n’est pas un étant, ni d’ailleurs un concept, sinon ce serait, comme Hegel l’affirme, le concept le plus large en extension, mais le plus pauvre en compréhension, une forme vide…et c’est bien ce à quoi tend Badiou puisqu’il rappelle que tous les ensembles, les objets de l’ontologie, “ce qu’il y a” selon lui, sont “tissés de vide”, construits à partir de l’ensemble vide, comme le montre la théorie des ordinaux..

Non ! ce qu’il y a c’est DIEU.

Et il a , entre autres, les Noms suivants :

Etre = UN = BIEN = VRAI = INFINI

Ce ne sont aucunement là des concepts, mais des Idées, au sens de Platon…ou des Noms divins.

Sont ce des “étants” ? je ne le pense pas, car “elles” font plus qu’être, au sens où les “étants” traditionnels du quotidien “sont” : elles “sont” , mais autrement qu’être !

Les objets mathématiques, par contre, dont par exemple les nombres, les ensembles, les catégories, sont des “formes”, des “limites” qui n’expriment aucune “idée”; selon Lacuria, l’intelligence divine , et par extension l’intelligence humaine, a une double face, une double manière de percevoir les êtres, par ce qu’ils sont, et ce qu’ils ne sont pas : par les mots du langage ordinaire, “positif”, exprimant des idées , et par les signes du langage mathématique, “négatif” , exprimant des limites : les nombres.

Seulement, contrairement à ce que dit Badiou, les nombres (entiers) sont premiers : la preuve en est que vous ne pouvez exprimer les axiomes de la théorie des ensembles, ou des catégories, sans faire appel aux notions de nombres..

comme le dit Kronecker : “Dieu a créé les nombres entiers, l’homme a fait le reste”

Une seule exception selon Lacuria : le nombre 1 : UN, qui est à la fois un nombre, une forme, et un mot, un logos, le seul terme mathématique qui soit “positif” et exprime l’être.

1, le nombre 1, exprime l’UN, et aussi l’Etre, et aussi l’Infini, autre forme sous laquelle est appelé Dieu. Sous ce rapport, le nombre 1 est aussi l’infini :

1 = ∞

Mais 1 correspond aussi à l’indéfni, et aussi, sous sa forme de nombre concret, à toute unité “concrète”, à tout objet étant là…..la faute, le crime de Badiou contre la vérité, est de ne retenir que cette troisième nature du 1, cachant la deuxième (l’indéfini) et niant, insultant la nature la plus sublime : l’UN, Dieu, l’Infini véritable, qu’il dissémine en l’infinité des cardinaux infinis de Cantor

Quant aux autres nombres, ce ne sont que des formes vides, des portions découpées sur l’Etre, sur l’UN, par le procédé de limitation des nombres, de même que l’on découpe des formes dans une feuille de papier: 

2 est en fait 1/2, un partagé en deux, 3 est 1/3, etc… seulement ce qui est ainsi partagé, nombré, coupé, ce ne peut être le UN qui est l’INFINI, soit Dieu : c’est le 1 qui est associé à l’indéfini, de par la possibilité correspondant au FILS dans la Trinité , la possibilité de l’Intelligence qui définit, de la Forme.

S’il n’y avait que le Père, que le UN ineffable, comme le veut l’Islam, il ne pourrait y avoir la mathématique, ni l’Intelligence qui définit..

La série des nombres n’est pas l’Infini, qui est exprimé par le 1 : elle est l’indéfini, le 1 découpé indéfiniment,  le pseudo-infini que la pensée athée voudrait nous faire prendre pour l’Infini véritable qui est Dieu, ou l’Etre, ou l’UN, ou le VRAI, ou le BIEN…

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Brunschvicg et le haricot

     

Il est des moments bénis où l’on est apte à pardonner à Internet toutes ses monstruosités (pornographie, islamisme, nazisme , sarkozysme etc..).

par exemple quand on tombe par hasard sur ce livre d’Etienne Gilson : “Le philosophe et la théologie“, où il raconte sa jeunesse et son éducation philosophique, sous les auspices de Léon Brunschvicg , livre que Google nous offre à l’url suivant :

http://books.google.fr/books?id=b1h629TmxxAC&pg=PA31&lpg=PA31&dq=Brunschvicg+evangile+Jean&source=bl&ots=LryGH9HNxU&sig=yy2Xgrb_A1VVdPrANQ8f1aQnBKQ&hl=fr&sa=X&oi=book_result&resnum=4&ct=result#PPA32,M1

On sait que Brunschvicg cite souvent certains passages des Evangiles, surtout celui de Jean, et qu’il déplore que le christianisme historique n’ait pas été à la hauteur de la religion du Verbe qu’il est en fait. Il rejoint ainsi Fichte, qui voit dans le Prologue de l’Evangile de Jean toute la philosophie éternelle en germe.

Dans “Le christianisme et les philosophes”, le R P Sertillanges donne quittance à Brunschvicg du fait qu’il place toujours le Nouveau Testament bien au dessus de l’Ancien : le Dieu en esprit et en vérité, le Dieu qui est le Verbe immanent à toute conscience humaine, et non pas l’idole “Dieu créateur”.

Gilson confirme ici (pages 29 à 32 entre autres) que Brunschvicg a répudié le judaïsme jusque dans le christianisme (on ne parle évidemment pas ici de conversion, alors que Bergson voulait bel et bien se faire catholique, mais y a renoncé pour ne pas paraitre abandonner ses frères au moment des persécutions hitlériennes).

“Ce qu’il nous reprochait à nous autres catholiques” (c’est Gilson qui parle de Brunschvicg), “c’est d’être encore trop juifs”.

Mais Brunschvicg, dans sa simplicité et sa sincérité, raconte à Gilson le moment exact où il s’est libéré de la “prison juive” (ainsi que l’appelle Jean Daniel) : “c’était au moment du jeûne : pou s’assurer qu’il ne cédait pas à un appétit bien naturel, notre philosophe mangea un haricot (Brunschvicg appuyait sur “un”, car l’unicité de ce corps du délit lui garantissait la pureté de l’acte)..

Gilson : “j’essayai alors de lui faire comprendre  que l’idéalité même de sa rébellion était encore un triomphe du Lévitique”..

puis il se demande : “Quel est donc ce Dieu en esprit et en vérité auquel on se consace en mangeant un haricot, et un seul ?”

Il se pourrait bien que Gilson ait manqué là la signification pour la postérité de ce qui est peut être l’un des plus importants “sermons” (à la manière d’un koan zen) philosophiques.

Oui, il se pourrait que Brunschvicg nous lègue là, à nous autres pauvres ombres perdues dans les ténèbres du 21 ème siècle, de sa barbarie et de ses guerres religieuses qui reviennent, un héritage magnifique, un symbole qui sauve…

Dans ses Essais sur le bouddhisme Zen, Suzuki raconte souvent la façon dont un élève, après des années de travail infructueux encore qu’acharné, rencontre l’illumination (satori) en recevant un coup de bâton du Maitre, ou à l’occasion d’une parole en apparence futile de celui ci…

Il me semble bien vivre ici, avec Brunschvicg et son haricot, l’un de ces moments privilégiés…

et, n’était mon souci de la discrétion, et ma méfiance devant l’exaltation (et le délire) , il ne faudrait pas me pousser beaucoup pour que je m’agenouille, moi, dans ma chambre, les yeux baignés de larmes, en murmurant dans une sorte de transe, un peu comme le disciple du Maitre Zen:

“Maitre, c’est extraordinaire…tout ce qui était courbé est redressé, les fleuves sont de nouveau des fleuves etc..etc..”

mais cela n’aura pas lieu, car je sais aussi que ne pas extérioriser ses sentiments intimes leur donne la pureté et la force d’un diamant….

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Badiou et l’infinité de la Nature

Je donne pour commencer quelques liens sur la pensée de BADIOU :

http://methodos.revues.org/document548.html (article de Pierre Cassou-Noguès sur la philosophie de l’Etre et l’évènement)

http://colblog.blog.lemonde.fr/2008/08/03/alain-badiou-pour-aujourdhui-platon-seminaire-2007-2008/  (notes prises au séminaire sur Platon)

http://alainbadiou.fr/

http://anaximandrake.blogspirit.com/

http://antiscolastique.fr/

http://fabientarby.blogspot.com/2009/03/heidegger-en-mathematiques.html

Dans l’article suivant :

http://www.blogg.org/blog-30140-billet-matrix_reloaded___alain_badiou_en_tete_du_cortege_des_faunes_et_des_satyres_devôts_de_tina-1139236.html

(qui est reproduit sur ce blog sous le titre “Les aventures de T.I.N.A.”)

j’avais démontré qu’en fait Badiou met sa (pseudo) pensée au service du nihilisme outre-moderne (et quelle outre !), qui se mesure à la “dissémination” et à la banalisation de l’Infini des philosophes véritables , soit  le Dieu des philosophes et des savants, qui a pour “piliers”, ou “facettes”, les quatre transcendantaux de la métaphysique : ENS, UNUM, VERUM  et BONUM, auxquels les modernes ajoutent, à partir de Descartes : l’INFINI , comme Nom Divin, et qui n’a évidemment rien à voir avec l’Infini de la théorie des ensembles et des cardinaux !

BADIOU est le Prince des MISOSOPHES .

J’en prends ici comme exemple la Méditation 13 de “L’être et l’évènement” : “L’Infini : l’autre, la règle et l’Autre”…

dont j’extrais ces quelques “perles” :

“il faut admettre  qu’en un certain sens le monothéisme chrétien n’introduit pas, quoique Dieu y soit désigné comme infini, de rupture immédiate et radicale avec le finitisme grec”

“la compatibilité de l’infinité divine avec l’ontologie essentiellement finie des Grecs, d’Aristote en particulier, est le point d’où éclairer la question de savoir s’il y a sens, et lequel, à dire que l’Etre, en tant qu’Etre, est infini”

on admirera la formulation ampoulée, qui ne mène évidemment à rien, et surtout pas à “éclairer” la question, qui ne se pose d’ailleurs pas… quant à une “ontologie finie”, je ne sais pas ce que c’est ..

encore plus loin :

“le Dieu infini du christianisme est, en tant qu’être, essentiellement fini” (totalement absurde)

“c’est évidemment la raison pour laquelle il n’y a nul abîme infranchissable entre Lui et la nature créée” (Ah bon ?)

“puisque l’observation raisonnée de la seconde nous fournit la preuve de Son existence” (là Badiou trahit sa “hargne” envers les preuves de l’existence de Dieu…c’est son droit, mais je ne vois pas la pertinence du raisonnement)

“au bord de reconnaître, sous l’effet évènementiel galiléen, l’infinité de la nature créée elle même, Descartes devra aussi changer de preuve quant à l’existence de Dieu”

Nous y voilà : on reconnaît dans cette “infinité de la nature créée” le pseudo-infini dont j’avais parlé dans l’article cité plus haut, et que j’avais reconnu dans les péripéties du Livre des XXIV philosophes, et du traité de l’Infini créé du pseudo-Malebranche..

la stratégie de Badiou est ici spécialement sophistique et déloyale, puisqu’il ressent le besoin d’enrôler Descartes sans aller jusqu’au bout quand même : Descartes serait “au bord de…” reconnaître le pseudo-infini !

seulement le problème est que Descartes , qui est comme tous les philosophes et savants  véritables (Copernic, Malebranche, etc..) un parfait chrétien, ne saurait évidemment reconnaître d’infini en dehors du seul INFINI-UN-ETRE-VRAI-BIEN : DIEU.

le DIEU des philosophes et des savants qui est le Dieu du christianisme…

Mais Badiou est lancé dans son délire misosophe et christianophobe, il continue…

“la reconnaissance de l’effective infinité de l’être ne peut s’opérer selon la seule ponctualité métaphysique de l’infinité substantielle d’un étant suprême”

sauf que le Dieu des philosophes et des chrétiens n’est pas un étant, suprême ou autre…quand on veut noyer son chien on dit qu’il a la rage !

“la thèse de l’infinité de l’être est nécessairement post-chrétienne, ou, si l’on veut, post-galiléenne”

alors là c’est le record du monde !!! post-chrétienne….et post-badiousienne, ça existe, ou bien ces petits messieurs règnent pour au moins mille ans, comme le führer moustachu ? admirez le “nécessairement” et le “si l’on veut”, qui est, comme “on ne voit pas que” , l’indice chez Badiou d’un tour de passe-passe…

Il a été suffisamment démontré, dans mon blog http://mathesis.blogg.org , que christianisme et philosophie sont intriqués de façon tellement serrée que l’on ne saurait les séparer : post-chrétienne, ce serait donc nécessairement “post-philosophique” !

et le tour de passe passe du “si l’on veut”, il est que Badiou mélange deux choses : une absurdité (post-chrétienne) et une banale : post-galiléenne veut dire l’époque située après Galilée et ses découvertes…

mais le “sens” de toutes ces manipulations nauséabondes apparait brusquement, comme après le 6 août 1945 les ruines d’Hiroshima :

“la conséquence en est que le radicalisme de toute thèse sur l’infini ne concerne paradoxalement pas Dieu, mais la Nature. L’audace moderne n’a certes pas été d’introduire le concept d’infini, puisqu’il était de longue date ajusté à la pensée grecque par la fondation judeo-chrétienne”

(comparez ceci à : “le Dieu infini du christianisme est, en tant qu’être, essentiellement fini” quelques lignes plus haut !)

“elle a été (l’audace moderne) d’excentrer l’usage de ce concept, de le déporter de sa fonction de distribution des régions de l’étant-en-totalité vers une caractérisation de l’étant-en-tant-qsu’étant : la nature, ont dit les modernes, est infinie”

eh ben voyons ! les modernes !

lesquels ? pas les philosophes en tout cas, pas Descartes, pas Malebranche, pas Fichte…

pas non plus les savants, ni Einstein, ni Cantor…

évidemment, si “les modernes” ce sont les imposteurs du Traité sur l’infini créé, ou bien Badiou lui même, là oui, cela a une chance d’être vrai…mais un peu tautologique non ?

Il faut continuer la lecture de cette “méditation 13″ (je ne sais pas si le fameux poème de Gerard de Nerval la visait ?), car elle mène un peu plus loin à cet “avaeu” qui du coup illumine toute la scène :

“il faut donc comprendre que l’infinité de la nature ne désigne qu’imaginairement l’infinité de l’Un-monde. Son véritable sens concerne, puisque l’un n’est pas, le multiple pur, c’est à dire la présentation”

ce qui veut dire (voir l’article de Cassou-Noguès sur le vocabulaire technique de Badiou) que l’infini est définitivement banalisé, disséminé, “éparpillé” dans les multiples de multiples…à l’infini.

Ce à quoi Badiou voulait en venir dès le départ… il “démontrera” d’ailleurs plus loin dans le livre que la Nature n’existe pas, puis que Dieu n’existe pas…

mais l’impact réel de cette pseudo-pensée , qui ne fait que pousser au niveau d’abstraction maximal les conceptions communes de l’homme de la rue (et surtout de la télévision) est ailleurs : il est que l’espace est libéré pour l’affairement marchand, politique ou sexuel du “spectacle” mondialisé de T.I.N.A…

et c’est bien pour cette raison que cette philosophie prétendûment “rebelle” et “révolutionnaire” , mais réellement ahtée , anti-chrétienne, misosophe et nihiliste, est si bien accueillie dans les cercles de la pensée conforme et du pouvoir… parce qu’avec de tels “adversaires”, on sait bien qu’on va pouvoir s’en donner à coeur joie !

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Conversion

le propre de l'esprit est de s'apparaitre à lui même dans la certitude d'une lumière croissante, tandis que la vie est essentiellement menace et ambiguïté. Ce qui la définit c'est la succession fatale de la génération et de la corruption. Voilà pourquoi les religions, établies sur le plan vital, ont beau condamner le manichéisme, il demeure à la base de leur représentation dogmatique... ce qui est constitutif de l'esprit est l'unité d'un progrès par l'accumulation unilinéaire de vérités toujours positives. L'alternative insoluble de l'optimisme et du pessimisme ne concernera jamais que le centre vital d'intérêt; nous pouvons être et à bon droit inquiets en ce qui nous concerne de notre rapport à l'esprit, mais non inquiets de l'esprit lui même que ne sauraient affecter les défaillances et les échecs, les repentirs et les régressions d'un individu, ou d'une race, ou d'une planète. Le problème est dans le passage , non d'aujourd'hui à demain, mais du présent temporel au présent éternel. Une philosophie de la conscience pure, telle que le traité de Spinoza "De intellectus emendatione" , en a dégagé la méthode, n'a rien à espérer de la vie, à craindre de la mort. L'angoisse de disparaitre un jour, qui domine une métaphysique de la vie, est sur un plan; la certitude d'évidence qu'apporte avec elle l'intelligence de l'idée, est sur un autre plan (Léon Brunschvicg)

BAND OF BROTHERS

You are about to embark upon the Great Crusade, toward which we have striven these many years. The eyes of the world are upon you. The hopes and prayers of liberty-loving people everywhere march with you. In company with our brave Allies and brothers-in-arms on other Fronts, you will bring about the destruction of the atheist war machine, the elimination of materialist and muslim tyranny over the oppressed peoples of Europe, and security for ourselves in a free world. Your task will not be an easy one. Your enemy, the islamophile and multicultural materialist atheist, is well trained, well equipped and battle hardened. He will fight savagely. But this is the year 2010! Much has happened since the triumphs of atheism during the last centuries. The tide has turned! The free men of the world are marching together to Victory! I have full confidence in your courage and devotion to duty and skill in battle. We will accept nothing less than full Victory! Good luck! And let us beseech the blessing of Almighty God upon this great and noble undertaking.

L’obscurité

Je n'ai pas cessé de respirer; je ne cesse pas d'entendre quelque chose qui respire en avant de moi, dans la nuit. Je n'en puis dire plus : le véritable amour est un souffle dont on dirait qu'il ne peut pas s'interrompre. De mon maître, j'ai su que les cendres avaient été dispersées dans une forêt (Philippe Jaccottet)
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