limite de la science ?

L’émergence de la science moderne en Europe aux 16 ème et 17 ème siècle, chez Copernic, Galilée, Descartes , Newton et bien d’autres, est le plus grand évènement de ces deux derniers millénaires d’histoire chrétienne : un évènement qui possède une portée bien plus qu’historique et épistémologique, on pourrait dire une mutation ontologique, qui concerne l’être même de l’humanité.

Et cette mutation a beaucoup à voir avec le christianisme, dont elle est une avancée et une conséquence tardives : c’est ce que montrent par exemple les travaux d’Alexandre Kojève, selon lequel la science sous sa forme théorique, telle que nous la connaissons sous sa forme la plus parfaite dans la physique mathématique, n’aurait pas pu naître dans une autre civilisation que la civilisation chrétienne d’Europe. Et d’ailleurs la Chine avait déjà découvert toutes les grandes techniques de l’armement et du transport, sans avoir l’idée d’en faire une théorie mathématique à portée universelle.

On doit cependant signaler que le christianisme seul n’aurait pas pu aboutir à cette forme de science universelle : il aura fallu aussi le concours de la philosophie grecque.

L’avènement de la science moderne il y a 4 siècles est donc de nature ontologique et métaphysique, plutôt que simplement technique. D’ailleurs la technique n’a été rendue possible, par la science elle même, que bien plus tard, à compter du 18 ème siècle. On peut donc avancer avec certitude que les grands penseurs qui sont à l’origine de la science n’avaient pas pour but l’amélioration de la technique et ses retombées économiques et militaires : celles ci n’ont été que des résultats tardifs, surtout d’ailleurs à cause du danger que représentait l’empire ottoman et ses incessantes attaques contre l’Europe chrétienne, dont celle ci n’a été sauvée qu’à la fin du 18 ème siècle, par la supériorité militaire que lui a conférée la science .

Et l’examen attentif des écrits de ces grands penseurs , qu’ils se nomment Copernic, Galilée , Descartes,Mersenne,  Pascal, Newton ou Leibniz, confirme cette opinion : tous étaient des chrétiens convaincus, et avaient d’abord pour but la christianisation définitive de l’humanité et la lutte contre les superstitions et idolâtries qui entachaient la société dite chrétienne.

Dans un autre ordre d’idées, voici ce que dit le philosophe Léon Brunschvicg en séance de la société française de philosophie, le 24 mars 1928, lors de sa communication intitulée : « La querelle de l’athéisme« :

http://classiques.uqac.ca/classiques/brunschvicg_leon/vraie_et_fausse_conversion/vraie_et_fausse_conversion.html

«Le fait décisif de l’histoire, ce serait donc, à nos yeux, le déplacement dans l’axe de la vie religieuse au XVIIe siècle, lorsque la physique mathématique, susceptible d’une vérification sans cesse plus scrupuleuse et plus heureuse, a remplacé une physique métaphysique qui était un tissu de dissertations abstraites et chimériques autour des croyances primitives. L’intelligence du spirituel à laquelle la discipline probe et stricte de l’analyse élève la philosophie, ne permet plus, désormais, l’imagination du surnaturel qui soutenait les dogmes formulés à partir d’un réalisme de la matière ou de la vie. L’hypothèse d’une transcendance spirituelle est manifestement contradictoire dans les termes ; le Dieu des êtres raisonnables ne saurait être, quelque part au delà de l’espace terrestre ou visible, quelque chose qui se représente par analogie avec l’artisan humain ou le père de famille. Étranger à toute forme d’extériorité, c’est dans la conscience seulement qu’il se découvre comme la racine des valeurs que toutes les consciences reconnaissent également. À ce principe de communion les propositions successivement mises au jour et démontrées par les générations doivent leur caractère intrinsèque de vérités objectives et éternelles, de même qu’il fonde en chacun de nous cette caritas humani generis, sans qui rien ne s’expliquerait des sentiments et des actes par lesquels l’individu s’arrache à l’égoïsme de la nature. »

Ainsi, la science, qui n’est pas encore au 17 ème siècle séparée de la philosophie, dont elel procède sous le nom de « philosophie naturelle », est très loin aussi d’être radicalement distincte de la théologie; bien au contraire, elle en représente la rénovation et l’achèvement, dans la mesure où le Dieu des philosophes et des savants résulte de la fidélité de la raison à sa nature de puissance d’émancipation morale:

«Ce Dieu, il faudra donc l’appeler le Verbe, à la condition que nous sachions entendre par là le Verbum ratio (λόγος ἐνδιάθετος) dont le Verbum oratio (λόγος προφορικὸς) est la négation bien plutôt que le complément, avec tout ce qui, par l’extériorité du langage à la pensée, s’est introduit dans les cultes populaires : mythes de révélations locales et de métamorphoses miraculeuses, symboles de finalité anthropomorphique.»

De même, dans son ouvrage « La marque du sacré », le philosophe et scientifique Jean-Pierre Dupuy note la parenté de la science et de la théologie, contre le sentiment populaire dominant, qui résulte d’une méconnaissance et d’une grave inculture scientifique.

Car depuis sa séparation complète d’avec sa « mère » la philosophie, la science, telle du moins que la représentent les medias dans une vulgate convenue pour le grand public, devient une « religion » mais en un tout autre sens : celui du dogmatisme et de l’intolérance.

C’est la thèse que défend le philosophe et « penseur spirituel » Peter Wilberg dans son ouvrage récent : « The science delusion« , allusion à la critique des religions par Richard Dawkins dans « The God delusion« ; on peut lire de larges extraits du livre de Wilberg ici :

http://books.google.fr/books?id=cd_DfZFSQVQC&dq=science+delusion+wilberg&printsec=frontcover&source=bl&ots=yizyYfZyCw&sig=_SG4m7iUioLXdsB1eubLpiDZFls&hl=fr&ei=ZcaDSruaFuKRjAe0rYGGCA&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=3#v=onepage&q=&f=false

et sur l’ouvrage de Dawkins :

http://en.wikipedia.org/wiki/The_God_Delusion

http://books.google.fr/books?id=yq1xDpicghkC&pg=PA68&lpg=PA68&dq=richard+dawkins+God+delusion&source=bl&ots=1ggCW7KczV&sig=WjCIEqslo4en4zP3ijqZPmo0804&hl=fr&ei=0QmESsKXHZaRjAfFqKGcCA&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=3#v=onepage&q=&f=false

La pensée, très novatrice et intéressante, de Peter Wilberg, est présentée sur les sites du mouvement spirituel « New Gnosis » :

http://www.peterwilberg.org/

http://www.thenewgnosis.org/index.htm

et surtout « Inniverse« , où l’on peut télécharger gratuitement ses livres « Qualia revolution » (larges extraits) et « Inner universe » (totalité):

http://www.thenewgnosis.org/links.htm

http://newgnosis.co.uk/inniverse/index2.html

Il s’attaque aux « mythes » fondateurs de notre société soi-disant libérale et démocratique, notamment celui de l’impossibilité de trouver une alternative au capitalisme financier mondialisé (TINA de Margaret Thatcher : « There is no alternative »), celui de la rationalité de la science , et celui de Dieu conçu comme un « Etant suprême ».

Il rejoint sur ce dernier point des penseurs aussi différents que Martin Heidegger et Léon Brunschvicg, selon lequel Dieu doit être cherché dans une philosophie de l’esprit « selon l’un », dans une intimité radicale de la conscience, et non pas selon l’être, dans l’extériorité de la technique.

Ainsi l’idéalisme de la philosophie véritable, avant que celel ci ne cède à son funeste destin « matérialiste » et « réaliste », rejoint il les pensées de la spiritualité, qu’elles soient d’Orient ou d’Occident, dans une « synthèse » qui n’a rien à voir avec un syncrétisme ou une « multiculturalisme » idolâtrant la différence et la diversité pour la diversité.

L’impasse de la science, et tout particulièrement de cette physique mathématique qui a impulsé un « changement d’axe » de la vie religieuse il y a 4 sicèles, et qui a donné au monde des découvertes aussi prodigieuses que la théorie de la relativité et la mécanique quantique, elle peut aussi se lire sous la plume d’un grand physicien, Lee Smolin, dans son ouvrage « Rien ne va plus en physique », où il constate l’échec de la théorie des cordes à résoudre le grand problème de la physique : l’unification de la relativité générale (qui marche très bien à grande échelle) et la physique quantique (qui marche à très petite échelle).

Et d’ailleurs chacun peut constater que depuis le modèle standard des particules, soit depuis 30 ans, aucune grande découverte théorique n’a été faite.

Il est vrai que de grands espoirs sont mis dans le LHC qui fonctionne depuis quelques mois, mais nous pensons quant à nous que cet « arrêt » de la science a une signification réelle, et que l’humanité doit l’écouter.

Cette siginification, elle est donnée par l’anthroposophie et l’oeuvre de Rudolf Steiner, un penseur qui influence grandement Peter Wilberg, et qui a consacré une grande partie de ses réflexions à cet évènement grandiose dont nous parlions plus haut que constitue l’avènement de la science moderne:

http://wn.rsarchive.org/Lectures/AnthroScience/19210316p01.html

http://wn.rsarchive.org/Lectures/MatOcc_index.html

http://www.rudolfsteinerweb.com/Rudolf_Steiner_and_Science.php

http://books.google.fr/books?id=CO8HHMOn3UAC&dq=Rudolf+Steiner+natural+science&printsec=frontcover&source=bl&ots=_zJ9pNKaX1&sig=WDre2yW2yUEbE_uN6NGA_WFT8Lo&hl=fr&ei=eRWESvLWAtigjAeZu-yTCA&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=4#v=onepage&q=&f=false

http://www.doyletics.com/arj/tonsrvw.htm

http://www.rsarchive.org/Lectures/GA/index.php?ga=GA0326

http://www.rsarchive.org/Science/

Elle est que l’humanité se situe à un seuil , et doit prendre appui sur les facultés spirituelles d’autonomie et de clarté rationnelle de la conscience qui lui ont été léguées par la science de la nature pour se tourner vers le monde spirituel, où s’exercent de tout autres lois que celles de la nature et de la physique.

Et c’est d’ailleurs ce qui résulte de l’analyse par Steiner de la théorie de la relativité d’Einstein :

http://www.southerncrossreview.org/29/relativity.htm

«The significance of the theory of relativity lies in pointing out the need for spirit knowledge that is sought by spiritual means and independently of our observations of nature. That the theory of relativity forces us to think in this way establishes its value in the evolution of our worldview. »

Tom Mellett, dans son article : « Einstein’s theory of relativity as Steiner’s final riddle of philosophy »:

http://southerncrossreview.org/8/einstein.htm

nous livre ce diagnostic qui doit inspirer profondément nos futures médiations sur la physique :

« What Albert Einstein showed us was the finite barrier to our perceptions, not the infinite essence of our being. He really pointed out the illusion of the external world created by our “I am” consciousness in trying to measure infinite light. When Rudolf Steiner speaks of Albert Einstein forcing us to look for the spirit in a “realm transcending Nature,” he is telling us to develop a higher form of “perceiving in thinking and thinking in perceiving,” a path of knowledge that leads not to the abolition of the ego-consciousness, but rather the fulfillment of ego-consciousness. From now on, Western humanity can refill the emptiness of desolate Promethean space with the substance of true imaginations, a fulfillment of the old mythological picture consciousness. And the longing of Tantalus can be fulfilled by a direct perception of the living essence of time in true metamorphosis and morphology- or the entire universe as a living organism. »

 

 

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