Malebranche et le christianisme des philosophes

 

la notion de « christianisme de philosophes » se trouve chez Brunschvicg, qui la fait remonter à Spinoza. On peut tout aussi bien d’ailleurs considérer que, s’agissant de ces relations avec la philosophie grecque, judaîsme et christianisme peuvent être « pris en un », considérés comme « UN » : judeo-christianisme, ou simplement christianisme (mais bien sûr, cela ne s’étend pas à l’Islam)

Il s’agit donc de prendre conscience de l’entrelacement, depuis le début, de la philosophie grecque et du judeo-christianisme, évident chez un Saint Augustin ou un Philon d’Alexandrie .

Mais, tel qu’il est conçu chez Brunschvicg et tous les philosophes de cette époque d’avant-guerre appartenant à la tendance idéaliste appelée « philosophie de l’esprit », ce christianisme de philosophes ne saurait être confondu avec la « philosophie chrétienne », qui est par exemple celle du Blondel ou d’un Gabrile Marcel (ou de Levinas du côté juif). Les éléments dits « mythiques » sont laissés de côté, sur le versant de la « foi », seul le versant « raison » est conservé.

Mais alors se pose la question du statut de l’oeuvre de Malebranche, que Brunschvicg considère presqu’à l’égal de Descartes et Spinoza.

Philosophie chrétienne ? oui, assurément, s’agissant du Père Malebranche. Un philosophe que beaucoup appellent « méditatif », par opposition à « dialectique » (comme Arnaud).

Christianisme de philosophe ? aussi !

L’article de Boutroux sur l’intellectualisme de Malebranche met l’accent sur le second Malebranche, rationaliste indéfectible, mais il me semble qu’il laisse une passerelle vers Malebranche comme « philosophe chrétien ».

http://fr.wikisource.org/wiki/L%27Intellectualisme_de_Malebranche

« La philosophie de Malebranche est essentiellement intellectualiste. Ce disciple de Descartes n’aborde aucune recherche, qu’il ne s’engage à rejeter toute notion dépourvue d’évidence rationnelle. Excepte-t-il les vérités de la foi ? Délibérément il a fait de la raison le principe, non seulement de toute science, mais de la morale, et de la religion même. La religion, pour lui, n’est qu’une forme, adaptée à la condition humaine, de la métaphysique.

Nous voyons en Dieu tout ce que nous connaissons véritablement ; connaître le monde, c’est le concevoir par rapport à l’étendue intelligible qui réside en Dieu même, c’est le réduire en éléments mathématiques. Dieu, chez Malebranche, est toute lumière, toute vérité, tout ordre, c’est-à-dire qu’il contente, universellement et absolument, cette raison parfaite qui, comme seconde personne de la Trinité, est son essence même.

Rien de plus certain que le caractère intellectualiste de la philosophie de Malebranche. Mais il est intéressant de se demander quelle est, au juste, la nature de cette intelligence, de cette raison, à laquelle, sans restriction, Malebranche soumet toutes choses et Dieu lui-même. »

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