Saint ANSELME : Proslogion

Rappelons les deux acceptions du mot « chrétien » auxquelles nous nous sommes référés sur le blog associé de celui ci :

http://mathesis.blogg.org

– il y a d’abord ceux qui sont chrétiens de religion, soit par naissance, soit par conversion; encore en distingue t’on de plusieurs sortes : catholiques, orthodoxes, luthériens, calvinistes etc…

N’étant pas moi même chrétien en ce sens là, et n’ayant pas l’intention de le devenir, je ne ressens pas le besoin de distinguer entre eux, mon attitude envers ces chrétiens étant : RESPECT TOTAL…

– nous avons ensuite étudié le « christianisme de philosophes » de Spinoza et de Brunschvicg, et fini par conclure (mais peut être nous trompons nous) que si le Dieu des philosophes et des savants, soit la condition de possiblité de la science moderne, était pour nous la condition sine qua non et comme la première « étape » de notre itinéraire de l’âme vers Dieu, il y avait sans doute des étapes ultérieures dans ce parcours infini; ce qui nous a conduits à parler d’une « philosophie chrétienne » qui dépasserait tout en le contenanat le « christianisme de philosophes ».

Ceci correspond à un autre sens pour le mot « chrétien », un sens idéal et asymptotique : serait « chrétien » celui qui serait définitivement et totalement (dans tout son être) sur cet itinéraire.

De par mes différentes « fautes », dont la plus grande est le manque d’attention et la paresse, je ne puis non plus me dire « chrétien » en ce sens là, qui est pour moi le seul qui importe….

Mais il est devenu absolument clair pour moi que l’étude de certains auteurs « chrétiens », notamment des philosophes ou des Pères,  est un travail absolument nécessaire pour entrer dans cet itinéraire vers , peut être, l’état de chrétien au sens idéal que je viens d’exposer.

Saint Anselme de Cantorbéry est de ceux là, et j’entends ici débuter une lecture méditative de ses ouvres, et nommément du Proslogion…quelques liens d’abord :

traduction en anglais du Monologion et du Proslogion sur googlebooks

http://books.google.fr/books?id=m3SUin7k6AkC&dq=anselme+monologion&printsec=frontcover&source=bl&ots=bKmrLBR8KS&sig=aUuUNZLw9URDQErOyEvKrVzBfFA&hl=fr&ei=kYxQS5KSKs7k4gbw9b2nDg&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=1&ved=0CAcQ6AEwAA#v=onepage&q=&f=false

le commentaire de Brentano sur la preuve de l’immortalité du Monologion :

http://www.anselm.edu/library/SAJ/pdf/21Gabriel.pdf

l’argument ontologique chez Anselme et Hegel :

http://books.google.fr/books?id=lXYh3zSLl-UC&pg=PA143&lpg=PA143&dq=anselme+monologion+proslogion&source=bl&ots=OGLNO35Vk3&sig=KiSezZHnAR1iccWiLUdFmGf_dTU&hl=fr&ei=-ItQS_CYOoGz4ga8pIzmDw&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=4&ved=0CBUQ6AEwAzgK#v=onepage&q=anselme%20monologion%20proslogion&f=false

Edition du Proslogion et autres oeuvres d’Anselme:

http://jesusmarie.free.fr/anselme.html

traduction en français du Proslogion :

http://mecaniqueuniverselle.net/textes-philosophiques/saint-Anselme.php

http://www.vatican.va/spirit/documents/spirit_20000630_anselmo_fr.html

Il est impossible de surestimer la beauté et la profondeur du début de ce texte : nous avons là une méditation qui, comme le prologue de l’Evangile de Jean (tant vanté et commenté philosophiquement par Fichte et Brunschvicg) devrait débuter toute journée, et être pratiquée dès l’aube vers 5 h du matin !

« Et maintenant, homme de rien, fuis un moment tes occupations, cache-toi un peu de tes pensées tumultueuses. Rejette maintenant tes pesants soucis, et remets à plus tard tes tensions laborieuses. Vaque quelque peu à Dieu, et repose-toi quelque peu en Lui. Entre dans la cellule de ton âme, exclus tout hormis Dieu et ce qui t’aide à le chercher ; porte fermée, cherche-le. « 

Ces quelques lignes constituent une sorte de « miracle en forme de texte » : elles arrivent à exprimer l’essence même de la philosophie, qui est recherche de la Vérité et donc de Dieu, et qui est donc la religion véritable, et de la méditation.

J’ai souvent vérifier que les garder en mémoire et se les réciter intérieurement permet de se sortir des plus grands périls , notamment les tentations, de fornication ou d’ivresse…

« homme de rien » : en effet nous sommes des néants, comparés à Dieu bien sûr, mais aussi si l’on examine objectivement notre situation dans le monde, et nos réalisations. De plus cela peut être interprété comme le ferme engagement à ne donner aucune définition substantielle de l’homme, car comme le fait remarquer Jean-Luc Marion, cela aboutit toujours à exclure de cette définition certains hommes…l’humanisme est donc dangereux, comme le note aussi Badiou, et d’ailleurs le nazisme est un humanisme…voir aussi ce que dit Eric Weil au début de « Logique de la philosophie »…

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