LA ROUTE

Décidément la fin du monde est à la mode à Hollywood et dans ses succursales !

c’est le troisième film ayant ce thème que je commente ici rien que cette année (après « Les derniers jours du monde » et « 2012 »).

Mais celui-ci, tiré du roman de Cormac Mc Carthy, vaut beaucoup mieux que les deux autres :

http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Route_(film)

Que cherche l’Hydre (dont Hollywood est une des « têtes »), la Pieuvre, le « Système« , le Gestell, le Dispositif (de la mondialisation) en inculquant de cette manière aux masses (au moins aux masses occidentales) l’obsession de la fin du monde qui est proche, et en prenant pour cela tous les moyens à disposition (depuis le calendrier Maya revu par Neuneuland jusqu’aux effets réels du réchauffement climatique, causé en partie par l’action de l’homme, mais les scientifiques ne sont pas d’accord sur l’importance de cette partie) ?

http://www.lentrelacs.org/article.php3?id_article=121

http://www.bibliotecapleyades.net/biblianazar/ahriman.htm

http://www.blogg.org/blog-81251-billet-la_montagne_magique_et_l_anthroposophie-1062532.html

Je ne répondrai pas à cette question, car d’une part je n’en sais rien, et d’autre part ce n’est pas une « question » à laquelle on puisse « répondre » (en tout cas dans le cadre d’un article de blog, ni même d’un livre savant).

Mais je dirai simplement, comme d’autres, que je ne vois rien de bon qui pourrait sortir de toute cette agitation basée uniquement sur les sentiments de peur.

Mais peu importe : le film est très attachant, et nous pouvons en tirer, dans la perspective du « travail » que nous nous sommes proposé ici, certaines réflexions utiles, sans céder aux sirènes du Dispositif et aller les yeux fermés dans la direction où elles veulent nous mener, Dieu sait dans quel but (mais pas un but qui serait bon pour nous, certainement pas, puisque j’ai déjà démontré ici que ce sont des forces démoniaques qui sont « cachées » derrière les acteurs, politiques ou médiatiques, qui mènent le monde, en  manipulant ces « acteurs » comme des pantins… exactement comme le fait Hollywood en somme).

Il est d’ailleurs très facile de voir , s’agissant du film « La Route », l’endroit où le scénario nous berne complètement : on nous présente, comme dans « Mad Max » un monde apocalyptique d’après la guerre nucléaire (ou, dans « 2012« , d’après la destruction complète dûe à des forces cosmiques, ou, dans le scénario écologiste discuté à Copenhague en ce moment, d’après le changement climatique extrême).

Dans ce monde où toute vie civilisée semble avoir disparu,  ne subsistent que quelques rares survivants cherchant désespérément de la nourriture, car il n’y a plus de récoltes, plus d’animaux, plus d’énergie donc plus de transports. Le cannibalisme devient donc très répandu, ainsi que la méfiance, la haine : l’homme est vraiment devenu un loup pour l’homme

Mais voici comment il faut lire le film, si du moins l’on veut ne pas se laisser mener par le bout du nez par le Dispositif : ce monde , il est déjà là !

c’est le monde du capitalisme « globalisé » , même quand il s’habille des haillons du communisme, comme en Chine. Et comme disait Lacan je crois, le capitalisme est tellement efficace qu’il en arrive à se dévorer lui même : les « délocalisations », « rationalisations » et réductions d’effectif, qu’est ce d’autre ?

c’est le monde « mondialisé », le monde de la concurrence généralisée, où chacun cherche à « tuer l’autre » (de façon imagée) pour prendre sa place, pour arriver en haut de l’échelle sociale, et accéder à la richesse, aux honneurs, au pouvoir….et quelquefois , il le tue réellement.

L’apocalypse, c’est cela : le dévoilement de ce qu’est véritablement le monde qui se prétend humain !

La véritable originalité du film (et du livre, que je n’ai pas lu) c’est de nous présenter cette vieille rengaine de la fin du monde civilisé à travers les errances d’un père et de son fils.

Il y a trois  manières de lire (philosophiquement) le film, je ne sais pas quelle était l’intention de l’écrivain, ou du réalisateur, et je m’en moque d’ailleurs…

La première manière est « athée« , la seconde est « païenne » : c’est  elle fait l’objet de l’article suivant du blog « Bartleby les yeux ouverts« , consacré au livre (et qui donne en lien d’autres sites sur le même thème) :

http://bartlebylesyeuxouverts.blogspot.com/2008/01/promthe-porteur-de-feu-mccarthy-la.html

(voir aussi, sur le film : http://bartlebylesyeuxouverts.blogspot.com/2009/09/la-route-le-film.html )

Je cite la fin de l’article :

« Or, si l’Elie de McCarthy contribue bien à unifier les cœurs du père et de l’enfant par le don de nourriture et de feu, il dit les choses clairement :

« Il n’y a pas de Dieu et nous sommes ses prophètes. »

C’est de manière plus païenne que je comprends donc ce texte. L’enfant est un nouveau Prométhée porteur de feu. Le feu, dans le mythe raconté par Platon dans le Protagoras, est ce à partir de quoi l’homme va échapper à l’animalité et à une disparition certaine. Le feu, c’est la civilisation. Si Dieu il y a, il doit se définir, selon les propos de la femme qui recueille l’enfant, comme le souffle qui se transmet d’un homme à un autre pour l’éternité »

La troisième manière est celle que je vais tenter d’esquisser ici : c’est la lecture chrétienne, ou plutôt « chrétienne » puisque je rappelle que quand je parle du christianisme ici, il s’agit de toute autre chose que des différentes religions s’appelant « christianisme ».

Ceci soit dit sans aucunement vouloir donner de leçons : je ne suis pas chrétien, je ne connais rien au christianisme, je ne suis donc certainement pas à la hauteur de la tâche que je viens de définir.

Et pourtant il me faut bien « parler », puisque ce blog, c’est quand même moi, pour l’instant, qui écris dessus. Et les deux lectures que je viens de définir ne me satisfont absolument pas.

 Cela n’étonnera personne, si l’on remarque que le blog « Bartleby les yeux ouverts » que je viens de citer a pour « slogan » cette citation de Fernando Pessoa, inversant Descartes :

 «Je pense donc je ne suis pas»

J’ai dit que le « christianisme » dont je parle est tout autre chose que la ou les religions « chrétiennes » : je le maintiens, mais en ajoutant que cela a quand même quelque chose à voir avec le christianisme historique… sinon je n’aurais pas le droit d’employer ce nom, sauf à vouloir complètement me payer la tête des gens, ce qui n’est pas le cas !

Disons que ce « christianisme », qui forme le nouvel « objet » (non objectivable) de ce blog, c’est le christianisme religieux unifié par le christianisme des philosophes dont parlent Spinoza et Brunschvicg.

C’est , disons : Le Tanakh (Torah Nebiim Ketoubim, ce qu’on appelle généralement ancien testament) + l’ Evangile et le Nouveau Testament  + les philosophes véritables (Platon Descartes, spinoza, Malebranche fichte Brunschvicg) + la mathesis, c’est à dire les principes intellectuels derrière la mathématique…pour nous limiter au niveau théorique !

 le niveau pratique étant : fonder l’absolu désintéressement de l’amour (universel, pas sexuel bien sûr) sur l’expansion infinie de l’intelligence (dans la science)

Bigre !

Quelle est elle donc, cette lecture « chrétienne » du film ?

ce sera bref, et je répète encore que je n’ai aucun droit à m’appeler « chrétien » (hélas !) …

Ce monde « apocalyptique », censé être celui d’après une guerre nucléaire, mais dont j’ai dit qu’il est déjà là, sous nos yeux (comme le savent très bien les SDF des rues de n’importe quelle grande ville), s’incarnant peu à peu sous sa forme démoniaque…

ce monde, c’est tout simplement le monde de l’athéisme, ou du paganisme, ou de l’Islam, ou de la mondialisation actuelle, appelez le comme vous voulez …

c’est notre monde depuis toujours (et pour toujours ?) !

Ce monde, c’est le monde non chrétien !

tout simplement ! et l’Occident qui se dit « chrétien », même aux rares occasions où il était ça ou là en voie de christianisation, ne l’a jamais été réellement: c’était la tâche que s’était fixée Copernic , christianiser l’intelligence, et toute la science moderne en est sortie !

C’est le monde du non-christianisme où l’homme est un loup pour l’homme, où l’homme veut « manger l’autre homme » pour s’approprier sa force, sa puissance, son argent, et sa femme, pourquoi pas… monde du cannibalisme donc, de la sauvagerie, du Mal.

C’est un monde qui est un « non-monde » : cela « fait des effets de monde » mais ce n’est pas Le Monde (celui qui est représenté par exemple sur l’arcane 21 du Tarot).

Qu’est ce qui, dans le film, est « chrétien« , ou « fait signe » vers un « autre » que ce monde de l’athéisme ?

C’est bien sûr la relation de paternité, entre l’homme et son enfant, qui forme toute la trame du film.

C’est cela la marque de fabrique du christianisme, que ne comprendront jamais les musulmans (ni d’ailleurs les hindouistes, juifs voulant rester « seulement juifs », bouddhistes, etc…) : ce qui distingue le christianisme, c’est la Trinité, et l’Incarnation !

et les musulmans  ne font que révéler leur bêtise, quand ils  se moquent des chrétiens, en rabaissant la relation de Père et de Fils dans la Trinité à des mesures simplement humaines et terrestres.

je ne me risquerai pas à « expliquer » ici la Trinité, je n’en suis pas capable : mais il n’y a aucune chance que les grands philosophes (comme Erigène, Saint augustin, Saint Thomas d’aquin, et bien d’autres) qui ont consacré leurs réflexions à ce sujet, aient pu tomber à ce niveau, qui est celui des fables païennes, nous présentant par exemple Zeus trompant son épouse avec de simples mortelles…

mais au fond, on peut l’expliquer très simplement, en employant le langage de base de la pensée dite transcendantale : la Trinité chrétienne, Père-Fils-Esprit, c’est la condition de possibilité de l’existence d’une relation véritable de paternité sur Terre, telle qu’elle est présentée dans le film : un homme, imparfait certes, mais se dévouant corps et âme pour protéger un autre homme, son enfant…

Si la Trinité qui est la marque du christianisme est une fable, une invention de poètes, alors il est impossible à tout jamais qu’il puisse exiter une véritable relation de paternité « dans le monde » ! ce qui se présente comme « paternité « empirique n’est qu’égoïsme déguisé, ou bien simple respect de traditions tribales …

Le film, qui nous présente une relation de paternité véritable, est donc par cela même « chrétien » ! il pointe vers un « au delà » absolu de ce monde terrifiant de l’athéisme !

mais bien sûr, un des aspects criticables, son aspect si américain, du scénario, c’est la séparation entre les gentils, ceux qui ne se livrent pas au cannibalisme , et les méchants…on croirait que l’humanité se sépare en deux « races », la bonne et la mauvaise, comme les réprouvés et les élus !

 L’athéisme, ce n’est pas un discours théorique : c’est une pratique, celle où l’homme désespère absolument de toute possibilité de « vie supérieure à la simple survie ou à la simple satisfaction des pulsions primitives ».

Le paganisme, c’ est encore autre chose : il est présent dans le film, par exemple dans la scène où le père, dialoguant avec le vieillard appelé Elie, lui dit que son fils est pour lui un « dieu », « son dieu » . Et l’autre (représentant l’athéisme)  le met en garde, avec raison ! « il est très dangereux de se balader sur cette route aux côtés d’un dieu » !

et il y a aussi dans le film une scène où le père incarne le « judaïsme » quand il veut rester « seulement juif », et ne veut pas reconnaître le progrès réalisé par le christianisme dans la voie vers l’universel : c’est la scène où le père refuse de « pardonner » au Noir qui a tenté de les voler et lui prend tous ses vêtements en lui disant : « ce que tu voulais nous faire, je te le fais! »

en somme « Oeil pour oeil, dent pour dent », loi du Talion..

et c’est le fils qui alors incarne le christianisme en implorant son père de pardonner, et de donner au Noir à manger et de quoi se vêtir ! mais hélas en pure perte !

mais j’ai déjà dit que l’on ne saurait séparer, sinon dans une abstraction vide de sens (et qui a finalement abouti à la Shoah) judaïsme et christianisme, qui sont un seul et même processus Infini : en aucun cas le christianisme ne saurait être antisémite, sinon c’est qu’il se renie lui même !

il y a dans le film une scène insupportable d’horreur, et quasiment insoutenable (d’ailleurs le film est interdit aux moins de 12 ans) : cette scène , située dans la première moitié du film, où le père et son fils entrent dans une maison qu’ils croient abandonnée, à la recherche de nourriture et de feu, ou d’autres ustensiles nécessaires à leur survie…

ils découvrent un cave fermée au verrou, qu’ils font sauter à coups de pioche, et dans la cave ils découvrent plusieurs hommes et femmes nus, affamés : il s’agit du garde-manger des occupants de la maison (une femme et plusieurs  hommes) , qui reviennent d’ailleurs peu après… ils gardent ces pauvres êtres enfermés dans la cave et les dévorent peu à peu, avant d’en capturer d’autres sans doute!

C’est cela, le monde de l’athéisme, ou du paganisme (où des humains se prétendent des « dieux », en en prenant les prérogatives, pour satisfaire leurs instincts).

Le monde chrétien, c’est celui qui rend impossible à jamais de pareilles horreurs.

Mais pas besoin d’aller jusqu’au cannibalisme : dès que  certains hommes en prenennt d’autres comme objets , comme esclaves, pour les réduire au stade de simples ustensiles, utiles à la satisfation de leurs pulsions de Maîtres, que celles ci soient sexuelles,ou visant à dominer, ou à obtenir d’autres plaisirs, nous sommes dans ce genre d’horreurs.

Car j’ai parlé des trois ordres de « libido » distingués par Pascal : désir de sentir, d’éprouver du plaisir (sexuel notamment), désir de posséder , et désir de dominer… auquel nous avions ajouté le désir de savoir, auquel seul Pascal a succombé.

mais pour satisfaire ces « désirs », encore faut il être en vie, donc encore faut il manger : le cannibalisme se présente donc comme l’infra-désir sur lequel ces trois ou quatre « ordres » de libido sont fondés.

 Lorsqu il ne reste plus que des humains, et rien à manger, se présente la solution du cannibalisme… ou alors de se laisser mourir, si l’on refuse ! 

Cela est expliqué dans les « Essais de morale » de Pierre Nicole (le philosophe augustinien et janséniste qui a composé avec Arnauld la « Logique de Port-Royal »), au chapite 1 du second traité, page 73 :

http://books.google.fr/books?id=O5n_ci5VT7sC&dq=Nicole+essais+de+morale&printsec=frontcover&source=bl&ots=3vT7rO2Xpe&sig=0EbzcMkqHMZpbKVS3VQmSwBZMzI&hl=fr&ei=sngfS6agAtGj4QbB5KH1Cg&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=1&ved=0CAgQ6AEwAA#v=onepage&q=&f=false

« Que la vie païenne c’est de suivre sa propre volonté, la vie chrétienne c’est de suivre celle de Dieu »

ce qui passe, dans la relation de paternité, par l’oubli complet de soi même au profit de la vie de son enfant..

Le même genre d’horreur « paîenne » s’est passé en Belgique il y a quelques années : quand Marc Dutroux enfermait des jeunes filles dans sa cave , se les réservait, pour les violer plus tard…

d’où vient la réprobation et le tabou universel de l’inceste ? comme l’a montré Claude Levi-Strauss, c’est simplement la base de toute vie en société. Une société se forme quand les familles s’échangent les fils et les filles, s’accordent mutuellement leurs filles en mariage (et donc il ne peut pas exister de société harmonieuse composée de musulmans et de non musulmans, puisque le Coran interdit à un non musulman d’épouser une musulmane).

l’horreur spécifique qui nous saisit à la pensée de relations incestueuses entre un père et sa fille, ou une mère et son fils, révèle quelque chose de plus : il a dû exister dans le passé , peut être pas si loitnain, des tribus où le Père tout puissant se réservait les filles comme proies sexuelles. Ces ignominies ont pu se produire, et d’ailleurs je crois que Freud place à l’origine de la civilisation le meurtre du Père par les fils excédés (qu’il se réserve ainsi les filles).

Dieu, le Dieu des philosophes qui est le même que le Dieu chrétien, c’est la condition de possibilité pour qu’il y ait un monde, Le Monde, où ces horreurs soient à jamais impossibles !

mais vous vous dites peut être : d’accord, cela a pu se passer chez des sauvages de l’ancien temps … mais pas dans notre monde moderne!

erreur ! lourde erreur ! et même pas la peine de recourir à l’affaire Dutroux !

quand, dans une entreprise, un ou plusieurs « dirigeants » réduisent les employés à de simples objets qu’on manipule, puis qu’on jette, lors d’une délocalisation par exemple, de quoi croyez vous que l’on parle ? exactement du même genre de comportement de prédateurs païens, ou athées !

et que se passe t’il dans ces « cités sensibles » où des « jeunes » utilise des jeunes filles comme « proies sexuelles » dans des « tournantes« , pour la simple raison qu’elle n’ont pas de « père » ou de « frère aîné » susceptible de les « protéger » (comme un maquereau « protège » ses « filles ») ?

C’est exactement le même genre de situations !

et j’ai déjà expliqué ici que l’Islam (qui règne sous nos yeux de plus en plus dans ces « cités sensibles »), ce n’est rien d’autre qu’un athéisme radical sous la forme rituelle et sacrificielle d’un paganisme répugnant! c’est exactement la formule que j’ai employée !

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