Badiou et l’infinité de la Nature

Je donne pour commencer quelques liens sur la pensée de BADIOU :

http://methodos.revues.org/document548.html (article de Pierre Cassou-Noguès sur la philosophie de l’Etre et l’évènement)

http://colblog.blog.lemonde.fr/2008/08/03/alain-badiou-pour-aujourdhui-platon-seminaire-2007-2008/  (notes prises au séminaire sur Platon)

http://alainbadiou.fr/

http://anaximandrake.blogspirit.com/

http://antiscolastique.fr/

http://fabientarby.blogspot.com/2009/03/heidegger-en-mathematiques.html

Dans l’article suivant :

http://www.blogg.org/blog-30140-billet-matrix_reloaded___alain_badiou_en_tete_du_cortege_des_faunes_et_des_satyres_devôts_de_tina-1139236.html

(qui est reproduit sur ce blog sous le titre « Les aventures de T.I.N.A. »)

j’avais démontré qu’en fait Badiou met sa (pseudo) pensée au service du nihilisme outre-moderne (et quelle outre !), qui se mesure à la « dissémination » et à la banalisation de l’Infini des philosophes véritables , soit  le Dieu des philosophes et des savants, qui a pour « piliers », ou « facettes », les quatre transcendantaux de la métaphysique : ENS, UNUM, VERUM  et BONUM, auxquels les modernes ajoutent, à partir de Descartes : l’INFINI , comme Nom Divin, et qui n’a évidemment rien à voir avec l’Infini de la théorie des ensembles et des cardinaux !

BADIOU est le Prince des MISOSOPHES .

J’en prends ici comme exemple la Méditation 13 de « L’être et l’évènement » : « L’Infini : l’autre, la règle et l’Autre »…

dont j’extrais ces quelques « perles » :

« il faut admettre  qu’en un certain sens le monothéisme chrétien n’introduit pas, quoique Dieu y soit désigné comme infini, de rupture immédiate et radicale avec le finitisme grec »

« la compatibilité de l’infinité divine avec l’ontologie essentiellement finie des Grecs, d’Aristote en particulier, est le point d’où éclairer la question de savoir s’il y a sens, et lequel, à dire que l’Etre, en tant qu’Etre, est infini »

on admirera la formulation ampoulée, qui ne mène évidemment à rien, et surtout pas à « éclairer » la question, qui ne se pose d’ailleurs pas… quant à une « ontologie finie », je ne sais pas ce que c’est ..

encore plus loin :

« le Dieu infini du christianisme est, en tant qu’être, essentiellement fini » (totalement absurde)

« c’est évidemment la raison pour laquelle il n’y a nul abîme infranchissable entre Lui et la nature créée » (Ah bon ?)

« puisque l’observation raisonnée de la seconde nous fournit la preuve de Son existence » (là Badiou trahit sa « hargne » envers les preuves de l’existence de Dieu…c’est son droit, mais je ne vois pas la pertinence du raisonnement)

« au bord de reconnaître, sous l’effet évènementiel galiléen, l’infinité de la nature créée elle même, Descartes devra aussi changer de preuve quant à l’existence de Dieu »

Nous y voilà : on reconnaît dans cette « infinité de la nature créée » le pseudo-infini dont j’avais parlé dans l’article cité plus haut, et que j’avais reconnu dans les péripéties du Livre des XXIV philosophes, et du traité de l’Infini créé du pseudo-Malebranche..

la stratégie de Badiou est ici spécialement sophistique et déloyale, puisqu’il ressent le besoin d’enrôler Descartes sans aller jusqu’au bout quand même : Descartes serait « au bord de… » reconnaître le pseudo-infini !

seulement le problème est que Descartes , qui est comme tous les philosophes et savants  véritables (Copernic, Malebranche, etc..) un parfait chrétien, ne saurait évidemment reconnaître d’infini en dehors du seul INFINI-UN-ETRE-VRAI-BIEN : DIEU.

le DIEU des philosophes et des savants qui est le Dieu du christianisme…

Mais Badiou est lancé dans son délire misosophe et christianophobe, il continue…

« la reconnaissance de l’effective infinité de l’être ne peut s’opérer selon la seule ponctualité métaphysique de l’infinité substantielle d’un étant suprême »

sauf que le Dieu des philosophes et des chrétiens n’est pas un étant, suprême ou autre…quand on veut noyer son chien on dit qu’il a la rage !

« la thèse de l’infinité de l’être est nécessairement post-chrétienne, ou, si l’on veut, post-galiléenne »

alors là c’est le record du monde !!! post-chrétienne….et post-badiousienne, ça existe, ou bien ces petits messieurs règnent pour au moins mille ans, comme le führer moustachu ? admirez le « nécessairement » et le « si l’on veut », qui est, comme « on ne voit pas que » , l’indice chez Badiou d’un tour de passe-passe…

Il a été suffisamment démontré, dans mon blog http://mathesis.blogg.org , que christianisme et philosophie sont intriqués de façon tellement serrée que l’on ne saurait les séparer : post-chrétienne, ce serait donc nécessairement « post-philosophique » !

et le tour de passe passe du « si l’on veut », il est que Badiou mélange deux choses : une absurdité (post-chrétienne) et une banale : post-galiléenne veut dire l’époque située après Galilée et ses découvertes…

mais le « sens » de toutes ces manipulations nauséabondes apparait brusquement, comme après le 6 août 1945 les ruines d’Hiroshima :

« la conséquence en est que le radicalisme de toute thèse sur l’infini ne concerne paradoxalement pas Dieu, mais la Nature. L’audace moderne n’a certes pas été d’introduire le concept d’infini, puisqu’il était de longue date ajusté à la pensée grecque par la fondation judeo-chrétienne »

(comparez ceci à : « le Dieu infini du christianisme est, en tant qu’être, essentiellement fini » quelques lignes plus haut !)

« elle a été (l’audace moderne) d’excentrer l’usage de ce concept, de le déporter de sa fonction de distribution des régions de l’étant-en-totalité vers une caractérisation de l’étant-en-tant-qsu’étant : la nature, ont dit les modernes, est infinie »

eh ben voyons ! les modernes !

lesquels ? pas les philosophes en tout cas, pas Descartes, pas Malebranche, pas Fichte…

pas non plus les savants, ni Einstein, ni Cantor…

évidemment, si « les modernes » ce sont les imposteurs du Traité sur l’infini créé, ou bien Badiou lui même, là oui, cela a une chance d’être vrai…mais un peu tautologique non ?

Il faut continuer la lecture de cette « méditation 13 » (je ne sais pas si le fameux poème de Gerard de Nerval la visait ?), car elle mène un peu plus loin à cet « avaeu » qui du coup illumine toute la scène :

« il faut donc comprendre que l’infinité de la nature ne désigne qu’imaginairement l’infinité de l’Un-monde. Son véritable sens concerne, puisque l’un n’est pas, le multiple pur, c’est à dire la présentation »

ce qui veut dire (voir l’article de Cassou-Noguès sur le vocabulaire technique de Badiou) que l’infini est définitivement banalisé, disséminé, « éparpillé » dans les multiples de multiples…à l’infini.

Ce à quoi Badiou voulait en venir dès le départ… il « démontrera » d’ailleurs plus loin dans le livre que la Nature n’existe pas, puis que Dieu n’existe pas…

mais l’impact réel de cette pseudo-pensée , qui ne fait que pousser au niveau d’abstraction maximal les conceptions communes de l’homme de la rue (et surtout de la télévision) est ailleurs : il est que l’espace est libéré pour l’affairement marchand, politique ou sexuel du « spectacle » mondialisé de T.I.N.A…

et c’est bien pour cette raison que cette philosophie prétendûment « rebelle » et « révolutionnaire » , mais réellement ahtée , anti-chrétienne, misosophe et nihiliste, est si bien accueillie dans les cercles de la pensée conforme et du pouvoir… parce qu’avec de tels « adversaires », on sait bien qu’on va pouvoir s’en donner à coeur joie !

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