l’Islam enveloppe un athéisme radical sous couvert d’un répugnant paganisme idolâtre

L’oeuvre philosophique de Léon Brunschvicg est souvent d’un accès difficile , contrairement à la première impression que l’on pourrait avoir, et réclame une bonne connaissance de la philosophie antique ou moderne, ainsi que de la physique et de la mathématique.

Mais les quelques articles, parus dans la Revue de métaphysique et de morale dans les dernières années du 19 ème siècle, et réunis dans l’ouvrage intitulé : « L’idéalisme contemporain » sont compréhensibles à n’importe qui ayant la bonne volonté de faire un effort d’attention, même sans aucune culture scientifique ou philosophique, et je dirais même qu’ils devraient être enseignés au début de la classe de philosophie (qui devrait être située bien avant l’âge auquel elle est enseignée actuellement, mais ce n’est que mon avis).

J’ai déjà mis en ligne les deux plus importants, là encore à mon sens, d’entre eux : « Spiritualisme et sens commun » et « De quelques préjugés contre la philosophie« , sur le site « Scribd » :

http://www.scribd.com/doc/2966162/Brunschvicg-spiritualisme-et-sens-commun

http://www.scribd.com/doc/3611188/Brunschvicg-De-quelques-prejuges-contre-la-philosophie

Le petit recueil « Idéalisme contemporain » contient deux autres articles tirés de la revue de métaphysique et de morale : «  »De la méthode dans la philosophie de l’esprit » et « La philosophie nouvelle et l’intellectualisme ». Ces deux articles, qui datent des années autour de 1900, sont facilement accessibles sur http://gallica.bnf.fr qui contient les numéros de la revue in extenso depuis 1893, année de sa création par Xavier Léon et Brunschvicg, jusqu’à 1937.

Mais le livre comporte aussi un avant-propos assez long, et un dernier chapitre intitulé justement « L’idéalisme contemporain », et donnant son titre au livre.

Ces deux documents ne figurent pas à ma connaissance sur Internet, et j’ envisage (peut être ?)  de les recopier ici en totalité, ou au moins l’article, avec mes commentaires éventuels. Ce serait sans aucun doute de ma part une contribution à l’amélioration de l’humanité (seul travail qui importe ici-bas, et comme il n’y a pas d’au -delà….) que tout ce que j’ai pu faire jusqu’ici… mais c’est du travail !

J’ai d’ailleurs commenté certains passages  dans deux articles parus ici :

http://sedenion.blogg.org/index.php?tag=spiritualisme

articles ayant pour but de redresser nos conceptions de ce qu’est l’athéisme véritable (contre lequel j’ai l’intention de lutter par les idées) en montrant qu’il prend son origine dans de fausses conceptions de la vie religieuse; j’entends ici poursuivre cette tâche et je démontrerai notamment que l’athéisme radical, ce n’est rien d’autre que l’Islam, qui est donc ainsi le Mal absolu.

Mais auparavant commençons par examiner l’esprit qui préside à ces deux articles (« Spiritualisme et sens commun » et « De quelques préjugés contre la philosophie ») et leur « but ».

Il est incontestablement de redresser nos conceptions de ce qu’est le « sens commun » et de ce qu’est la plus importante partie de la vie des humains, le seule importante parce que la seule véritablement humaine : la vie spirituelle.

La tâche du philosophe, ce « fonctionnaire de l’humanité » (comme dit Husserl) n’est certainement pas selon Brunschvicg la déconstruction ni la destruction pure et simple des idoles. Ou en tout cas elle ne saurait s’y borner…car s’il est clair que le « sens commun » a profondément dévié de ses « rails » à l’époque moderne, il est clair aussi que se borner à détruire ses illusions, déviations  et mensonges sans le remettre sur ses bons rails serait criminel.

Car les communautés humaines (peuples, nations, etc…) existantes ont besoin d’un sens commun, d’un socle qui leur permet de vivre ensemble; seuls les philosophes n’en ont pas besoin, car la Raison leur suffit, et la Raison rend visibles les « limitations » du sens commun. Mais les philosophes ne sont jamais qu’une petite minorité, par la force des choses.

Une oeuvre salutaire, et c’est celle à laquelle se voue ici Brunschvicg, est donc de redresser le « sens commun » et pour cela une première opération est de montrer que le sens commun varie, selon les lieux et selon les époques : il faut en finir avec cette idolâtrie d’un sens commun qui serait fixé une fois pour toutes (fixé par qui d’ailleurs ?) et serait valable aussi bien pour l’homme de Cromagnon que pour le romain antique ou l’homme de la rue d’une métropole occidentale contemporaine.

Il faut ensuite remarquer que le sens commun, la sagesse des « gens ordinaires », commence par être « matérialiste », c’est à dire par prendre pour « étalons de toute connaissance sur le réel » les corps physiques , naturels puis fabriqués (les ustensiles) ; autrement dit « homo faber » règne en maître, voire en despote! car d’où viendrait, à ces époques reculées dans le passé, un autre type de connaissance, basé sur l’expérience « fine » (dont le type est l’expérience scientifique actuelle, par exemple au LHC) et la théorie mathématique ? notre Maître Thalès, fondateur de la conception de l’existence tournée vers la « théorie », c’est à dire la contemplation intellectuelle, n’a pas encore paru sur la scène du monde, les yeux rivés aux étoiles, il n’est pas encore tombé par mégarde dans un trou, provoquant l’hilarité d’une jeune et jolie servante de Thrace qui passait par là, envoyée sans doute par une divinité orientale courroucée contre le « grec arrogant » (ou compatissante ?)… pour connaître la suite de ce joli conte voir le blog que j’ai consacré à cette « servante de Thrace » et à son rire cristallin et juvénile , qui déjà obsédait le vieux Platon, puis bien d’autres comme le note Hans Blumenberg dans son passionnant livre portant ce même titre : « Le rire de la servante de Thrace » :

http://sedenion.blogg.org

L’une des conclusions auxquelles je suis arrivé (et Blumenberg l’évoque dans son livre, sans prendre vraiment parti à ce sujet) est  qu’il serait simpliste de voir dans la servante de Thrace l’analogue de l’une de nos « jeunes filles » (la revue Tiqqun où officiait Julien Coupat a poussé l’humour jusqu’à faire une « théorie de la jeune fille », voir :   http://lesilencequiparle.unblog.fr/2009/02/05/premiers-materiaux-pour-une-theorie-de-la-jeune-fille-tiqqun/ , mais c’est encore autre chose, et d’ailleurs je ne partage pas l’humour de ces adeptes du messie apostat  Shabbatai Tsevi et de Jacob Frank, les illuminés de la kabbale soufiste)  modernes qui ne se « prennent pas la tête » et privilégient la vie pragmatique et immédiate sur les dures tâches de l’intellect abstrait.

La servante de Thrace offre plutôt l’exemple de la femme orientale « primitive » qui croyait naïvement que Thalès, le premier occidental, regardant les étoiles pour fonder l’astronomie, pratiquait son « culte » particulier et adorait ses dieux, et elle riait parce que selon elle les « vrais dieux », les siens, forcément, ceux de sa tribu, ne sont pas dans le ciel mais sous la Terre! et ne peut on relier cela aux mystères chtoniens primordiaux dont je parlais dans l’article sur le film : « Picnic at hanging rock » ?

car rappelons nous que le « multiculturalisme » et la frénésie de la « différence » n’aboutit jamais, si du moins une conception supérieure et vraiment universaliste ne peut émerger, qu’au multiracisme… implicite et tacite dans le meilleur des cas, et dans le pire des cas…à la guerre de religions, comme la France en a connu , et risque hélas d’en connaître encore!

mais je ne voudrais pas apparaître pour ce que je ne suis pas, un vieux grincheux frustré , et l’on verra en lisant l’autre blog que la servante, qui n’est rien moins que servante, mais plutôt maîtresse,  mérite toute notre  admiration et dévotion…et peut être un peu plus de ma part, mais passons à autre chose !

Brunschvicg note qu’homo faber est aussi « homo credulus », qui passe (à tort) pour « homo religiosus » !

ce qui implique, entre autres, que le « sens commun » , qui évolue , passe d’un « matérialisme » initial (vous savez, cette époque du film « La guerre du feu » où des anthropoïdes poilus et vêtus de peau de bête culbutaient la première femelle qu’ils trouvaient…lointains ancêtre de nos modernes adeptes de la « tournante » sans doute) à un « spiritualisme » frelaté parce qu’ encore, et de plus en plus subtilement, « matérialiste ». Je veux parler ici de ces « dieux » et « esprits » envisagés selon les modalités de créatures presque physiques, mais « physiques subtiles » , invisibles aux sens de la foule, qui a donc besoin de chamanes et cie comme médiateurs avec ces « esprits « … tout ceci aboutit à notre époque aux divers occultismes, et la version la plus « matérialiste » de ce faux spiritualisme est évidemment le spiritisme !

La tâche primordiale de la philosophie véritable, que nous appelons pour notre part « Mathesis universalis« , est donc de rectifier ce faux spiritualisme, et de corriger les erreurs de la philosophie du passé (qu’elle soit stoïcienne, ou épicurienne) qui envisage l’âme comme faite d’atomes ou l’esprit comme un feu. Et il le faut d’autant plus que comme le sens commun s’est longtemps réclamé d’un faux spiritualisme, le matérialisme, lui, s’est réclamé de la science, ce qui a abouti à ce résultat que la science s’est crue matérialiste… la science, ou plutôt les scientifiques, selon d’ailleurs un processus tout à fait explicable, et que Brunschvicg d’ailleurs explique dans l’avant-propos : en gros, le scientifique se dit matérialiste parce qu’il se voit « en rêve » arrivé au bout de sa course, lorsque la théorie, la mathesis,  se confondra avec le réel qu’elle explique, seulement cela n’arrivera jamais , ou chez quelques illuminés comme Wronski, car la course est infinie).

Historiquement, ce redressement s’opère avec Descartes, qui le premier « sépare », , presqu’alchimiquement, l’esprit (soufre) du corps-psyche (sel-mercure). Puis interviennent diverses vicissitudes, jusqu’à l’éclectisme de Victor Cousin qui aboutit à un échec en inversant les données du problème, c’est à dire en fixant le « sens commun » et en faisant varier la philosophie, c’est à dire en essayant de forcer la queue à remuer le chien !

On doit donc toujours en revenir à Descartes, ce qui veut dire non pas relire Descartes, encore que ce puisse être souhaitable, mais en refaisant toujours, pour soi même, infatigablement, le « geste » de la conversion spirituelle véritable (par opposition à la fausse conversion religieuse, dont le type en notre temps est la conversion à l’Islam); selon la belle formule de Brunschvicg, belle dans le mesure où elle est simple, et donc difficile :

« l’effort que nous proposons au sens commun ne consiste pas dans la substitution d’une doctrine spéculative à une autre; il a pour objet de faire tomber la barrière de préjugés qui dérobait l’esprit à lui même, de le faire revenir à soi »

Avant, comme promis, d’aborder le problème de l’athéisme islamique, je me dois de faire admirer cette splendide fleur spirituelle que l’on trouve dans le second article, et où Brunschvicg, résumant l’effort de Spinoza, ne fait rien moins que définir la vie spirituelle véritable, définir non pas abstraitement, mais en se plaçant pour ainsi dire in medias res:

« cette thèse considérée par Platon comme évidente, selon laquelle l’âme humaine ne peut contenir aucune notion qui naisse d’elle même, qui n’implique pas l’existence d’un objet, le progrès de la réflexion idéaliste a conduit à la rejeter: l’idée, en tant qu’acte de l’esprit, est indépendante de toute relation extérieure; elle porte en elle la marque de sa vérité; l’idée n’est unie qu’à l’idée et cette unification systématique fait de l’ensemble des idées un monde qui se suffit à lui même »

il est vrai que Brunschvicg, plus vieux, rejettera les notions de « monde intelligible » comme mystiques et fantasmatiques, mais ce qu’il condamne dans cette sorte d’expressions c’est le caractère de « forme vide », réduite à une expression justement, un jeu de mots, flatus vocis. Je parlais l’autre jour de l’anthroposophie de Rudolf Steiner et de ses évocations du « monde spirituel » (« knowledge of higher worlds ») dans lequel l’âme peut s’élever après avoir pratiqué les exercices de méditation.

Eh bien c’est  la philosophie idéaliste de Brunschvicg qui nous donne une idée exacte et vérifiable de ce « monde spirituel », après en avoir élagué toutes les pousses mystico-théosophiques; le monde spirituel, ce n’est rien d’autre que le monde des idées, qui est aussi le monde des Idées de Platon auquel on a pris soin de couper la barbe, c’est à dire de transformer le « I » majuscule en « i » minuscule.

« en résumé, l’esprit se définit par la capacité de former des idées; cette capacité s’accroît à l’infini par son développement interne; elle demeure, à travers ses manifestations, une dans son essence »

La conversion spirituelle, ce n’est rien d’autre que d’inverser les conceptions ordinaires de la vie et de l’existence, selon lesquelles les « idées » ne sont qu’une pâle copie du réel, de ce qui se touche, se sent, s’éprouve, ou au mieux un instrument pour mieux vivre la vie naturelle. Cette conversion que propose la philosophie véritable qui est celle de Brunschvicg , Descartes, Malebranche  ou Spinoza, c’est de se rendre compte avec certitude que seule la vie pour et dans le monde des idées correspond à l’aspiration, au bonheur et à l’essence de l’homme. Il s’agit de quitter l’Egypte du monde sensible pour la terre promise (qui n’a rien à voir avec Israel) du monde des idées.

Et que l’on ne parle pas ici de mystique fumeuse ou d’idéalisme abstrait, qui fuirait les réalités de l’ici bas : au contraire, un examen attentif de l’histoire montre que ce sont les idées qui mènent le monde. Et quel meilleur exemple de ce monde des idées que le monde des idées mathématiques ?

Et maintenant, chose promise, chose dûe, à tout Saigneur tout honneur : venons en à Monsieur Allah.

Théorème

 L’Islam n’est rien d’autre que l’athéisme radical sous couvert d’un paganisme répugnant (répugnant en ce qu’il se présente comme l’abrogation finale du paganisme) et en tant que tel il est le MAL absolu.

Démonstration :

 Il est vrai que ce que les critiques de l’Islam (appelés « islamophobes » par le camp de l’islamiquement correct) décrivent comme horreurs et tares de l’Islam existant  ne correspond pas forcément à l’eessence de l’Islam, et n’est donc pas un argument absolument probant.

Il se pourrait effectivement qu’un autre Islam soit possible, un Islam des Lumières, sans les aspects « négatifs » (pour le moins) de l’Islam tel qu’il se présente à nous depuis 14 siècles : amputations, massacres, viols, lapidations des femmes, des homosexuels, viol de la conscience et interdiction de la conversion à une autre religion, etc… tout ceci est trop connu.

Allons même plus loin : cet Islam tout spirituel, dont nous rêvons, il n’aurait besoin de conserver de l’Islam « réel » que ce qui est d’ordre spirituel justement. Donc adieu les rites collectifs, et salamalecs, les prières, les cérémonies, les cultes, les pèlerinages, les voiles et tchadors, les aumônes , les commandements et lois religieuses, tout le clinquant et l’hypocrisie de la religion extérieure.

alors qu’est ce qui resterait ? deux choses il me semble : la chahaddah envisagée spirituellement comme reconnaissance de l’unité absolue de l’Un; et le Coran , créé et incréé.

Si l’on fait l’impasse du Coran, peut on encore parler d’Islam ? je suis persuadé que non, et c’est bien pour cette raison que la tentative de nos amis du blog « Islam des Lumières » de tracer la voie d’un Islam purement spirituel des philosophes et des savants, expurgé du Coran et du pseudo-prophète et de ses corâneries :

http://islamspirituel.blogg.org

me semble destinée à rester…une belle tentative, si l’on juge de son succès d’après la conversion d’une grande masse de musulmans « traditionnels » à ce nouvel Islam des Lumières. Car l’Islam des philosophes et des savants, ce n’est rien d’autre que ce que nous nommons ici , d’après l’expression de Spinoza reprise par Brunschvicg : un « christianisme de philosophes« .

Et le problème est que cette religion « philosophique » se situe en tout  à l’exact antipode de l’Islam historique et factuel.

Certes on peut tout se permettre avec les mots et les noms, qui ne sont que des étiquettes, on peut et on doit tout se permettre, pour mieux abattre la tyrannie de l’extériorité du langage par rapport à la pensée, mais en tout cas ce n’est pas ainsi que l’on règlera le problème de l’Islam tel qu’il existe.

Donc gardons le Coran…. nous voulons bâtir une démonstration irréprochable, donc pour cela nous devons tout passer, tout admettre des demandes des défenseurs de l’Islam.

Plaçons nous donc dans le cas le plus défavorable pour nous et pour ce que nous voulons démontrer : supposons que tout ce qui fâche dans le Coran ait été éclairci, que ce qui est seulement contextuel ait été contextualisé.

Mais demandons nous si l’Islam peut exister sans un certain « noyau incompressible » du Coran qui est celui ci : les reproches faites aux chrétiens et aux juifs d’avoir falsifié et déformé la parole de Dieu .

Car n’importe qui muni d’une connaissance minimale de l’Islam sait que celui ci se présente comme le monothéisme parfait et pur. Il reconnait tous les prophètes, admet les « gens du Livre » (juifs et chrétiens) comme ayant reçu la révélation du monothéisme, mais l’ayant déformée, ce qui a nécessité la tâche historique incombant à l’Islam comme « rectification » des déformations opérées par juifs et chrétiens…

Sans ce « noyau » l’Islam serait il encore l’Islam ? évidemment non, car ce serait admettre que le monothéisme se présente à l’état pur dans le judaïsme, et universalisé à tous les peuples dans le christianisme.

Il n’y a alors plus de sens à la « rectification » islamique, et l’Islam s’abolit lui même.

Donc le cas le plus défavorable pour notre démonstration est celui ci : l’Islam il est beau, l’Islam il est gentil, et il a été obligé de dire des choses qui fâchent pour corriger (« qui aime bien châtie bien ») les méchants juifs qui voulaient garder la révélation pour eux tout seuls (toujours les mêmes ceux là !) et les gentils chrétiens mais un peu simplets tout de même qui disent que Dieu a eu un fils…comme si Dieu pouvait engendrer .. (et là on connait les sarcasmes qu’inspire aux musulmans leur conception toute matérialiste de la Trinité).

Donc la révélation, c’est à dire la Vérité, a été falsifiée par les deux précédents monothéismes abrahamiques, et elle a été restaurée à l’état pur et sans tache , l’état natif, « primordial », dans le Coran.

Mais alors :

 si la Vérité peut être falsifiée, cachée, détournée, au point qu’elle l’a été historiquement par les juifs et les chrétiens, c’est qu’elle est falsifiable, cachable, couvrable, voilable, détournable…

C’est donc que la Vérité EST, sur le mode d’une Substance, d’une quasi-chose que l’on peut recouvrir (ce qui correspond à l’étymologie du terme « kafir » : celui qui recouvre la Vérité), détourner à son profit, cacher, fausser…

un butin, en quelque sorte, quelque chose que l’on a, que l’on reçoit passivement ou que l’on prend, qui a été transmis par Dieu, et que l’on transmet…seulement il y a eu des fritures sur la ligne, dans la transmission, des erreurs ou des « bruits » sont venus s’ajouter à la Vérité pure et la fausser.

Nous nous trouvons donc dans le cas analysé par Brunschvicg dans « Spiritualisme et sens commun« , et dont il démontre que là se trouve la racine du scepticisme. Je cite (page 542 du lien proposé supra sur Scribd):

« Le dogmatisme , à moins qu’il ne ferme volontairement les yeux à la lumière de l’intelligence, s’achève dans le scepticisme, et le dogmatisme mérite son sort : car en réclamant pour la vérité une existence indépendante, il l’a assimilée naïvement à une chose, à un objet matériel ; il a dû la séparer de l’activité intellectuelle, et ainsi il a douté de l’esprit, qui est la seule réalité positive. »

il n’est guère besoin, ce me semble, de mettre les points sur les « i » : en assimilant la Vérité à « quelque chose » qui peut être dicté par Dieu à un ou des prophètes, et que des hommes peuvent (mais d’où leur vient un tel pouvoir ?) falsifier et détourner pour leur volonté et orgueil propre, on « assimile naïvement la Vérité à un objet matériel, on la sépare de l’activité intellectuelle, qui est la seule réalité positive » !

La guérison de ce dogmatisme, qui est la racine du scepticisme, qui est lui même la racine de l’immoralisme et de l’athéisme, c’est à dire du Mal, elle est « de chercher la condition déterminante, la source permanente de la vérité dans ce qui est proprement autonome et créateur, dans l’activité de l’esprit ».

Et Brunschvicg, tel un nouveau Moïse s’adressant à tout Israel réuni au début du Deutéronome (Israel est l’humanité entière) , place la dite humanité, c’est à dire nous tous, devant le choix entre les deux voies : celle de la vie (spirituelle) et celle de la Mort (l’athéisme nihiliste et consumériste de l’Occident, enlisé dans les fausses joies de la fornication et du farniente, la « dolce vita » en quelque sorte, un athéisme qui est le frère jumeau de l’Islamisme , voir les articles du blog « Bivouac Id » sur les horribles perversions sexuelles qui se donnent libre cours en Islam sous le voile rigoriste qui n’est qu’un cache-viol hypocrite, par exemple :  http://www.bivouac-id.com/2009/09/01/iran-sodomies-et-viols-sont-licites-et-islamiquement-corrects/ ):

« quel parti est il naturel que prenne le sens commun ? continuera t’il à admettre l’existence, ou la chimère, d’une vérité absolue, échappant par sa définition même à toutes les prises de l’homme ; ou bien reconnaîtra t’il que l’esprit humain, capable de la vérité relative, en recule indéfiniment les bornes, grâce à son progrès intérieur ? »

La première voie est la voie de la Transcendance, dont l’Islam dans le Coran, c’est à dire l’Islam, offre l’exemple archétypique (mais convenons que les télévangéliques américains ne volent guère plus haut); c’est la voie apparemment la plus spirituelle mais en réalité la plus matérialiste, puisqu’elle conçoit la Vérité sur le modèle d’une chose, l’Infini sur le modèle d’une totalité close et « substantielle ». C’est ce matérialisme là que visait Fichte dans la « querelle de l’athéisme », et il le trouvait chez des chrétiens (extérieurement…en fait des athées, dénonçant « l’athéisme » du vrai chrétien Fichte pour mieux cacher le leur).

On concluera donc avec sagesse que l’Islam que nous dénonçons ici n’est pas celui d’une « communauté », une « oumma » composée des « musulmans par la pratique et la croyance » (même s’il  part de là). Cet Islam, il faut en dire ce que Glucksmann dit du « nazisme » dans le « Onzième commandement » : il est en nous tous comme une éternelle possibilité maléfique, celel du renoncement à devenir ce que l’on est en s’élevant au monde des idées…. une mauvaise herbe, une tête de l’hydre, ou de la Méduse, qui repousse sans arrêt pour paralyser l ‘ascension vers l’esprit pur qui est le sens de l’existence humaine.

La seconde voie est celle de l’immanence radicale et purement spirituelle de LA religion, celle de l’esprit, du Dieu des philosophes et des savants. Une religion qui n’a pas de dogmes, pas de commandements, pas de « communauté fermée »… mais dont la rigueur est d’autant plus redoutable, car son « jugement dernier » s’exerce dans la conscience de chacun et chacune, et il est impossible de la tromper.

Oui, ce « jugement dernier » viendra, ou plutôt vient, pour nous tous… et je tiens à rappeler ici que pour chacun et chacune, viendra un temps où il n’y aura plus de futur, plus que du passé…et quelle plus grande tragédie que celle de l’homme qui n’a plus que du passé qu’il ne supporte pas de regarder en face ?

l’Evangile est totalement différent du Coran, il montre la seconde voie, la voie de la vie spirituelle, alors que le Coran apporte la Mort spirituelle. Et ce, même si historiquement l’Evangile a « inspiré » des crimes affreux.

Seulement la différence est celle ci : quand l’Occident chrétien fait le Mal et se livre à des crimes contre l’humanité (génocide des Indiens d’Amérique, Shoah) c’est en allant contre ses principes, ceux de l’Evangile spirituel, ceux du « christianisme intérieur qui est celui des philosophes ».

Les croisades étaient justes dans le principe, il s’agissait de rétablir l’accès aux Lieux Saints pour les pèlerins chrétiens, qui leur était interdit par les musulmans… mais les Croisades ont dégénéré parce que les Croisés ( en majorité des « barbares blonds germaniques » encore païens comme le disait Nietzsche) n’ont pu surmonter leurs instincts bestiaux de rapine, de fornication et de meurtre..

l’expédition militaire française de 1830 contre Alger était justifiée par le fait que depuis des siècles les « barbaresques » musulmans, partant des côtes d’Afrique du Nord, venaient périodiquement effectuer des razzias sur les côtes sud de l’Europe pour capturer des esclaves blancs chrétiens et des femmes blanches pour les harems de « ces messieurs les esclaves d’Allah ».

Mais ensuite, pendant les 132 ans de la colonisation, les colons français, qui n’avaient d’ailleurs plus de « chrétien » que l’appellation, se sont laissé aller au racisme, au viol et à la fornication avec les femmes mauresques, à l’exploitation, et pour finir au meurtre de masse..

Par contre, quand l’Islam commet des crimes, et Dieu sait s’il en a commis depuis 14 siècles, c’est EN ACCORD avec ses principes de haine et de mort, ceux du Coran…

L’Evangile est Amour.

mais le mot « Amour » n’apparaît pas une seule fois dans le Coran !

 

 Brunschvicg a une très haute opinion du christianisme, comme Spinoza; car il ne retient de celui ci, comme Fichte,  que son noyau purement spirituel, en laissant de côté l’écorce amère :

« Il y a dans les textes sacrés une parole dont nulle exégèse ne peut effacer le sens simple et profond: Vous adorerez Dieu en esprit et en vérité. Si le dogme est un ensemble de symboles, il est autre chose que la vérité; bien plus, la vérité, étant spirituelle, le symbole, qui en veut être la traduction matérielle, la contredit directement. Le symbolisme, dont quelques uns veulent faire l’auxiliaire de la foi, n’arriverait qu’à tenir en échec la religion, à suspendre le développement de la vie intérieure ».

La condamnation du « Dieu » coranique est clairement prononcée, et elle est sans appel :

« L’esprit se refuse au Dieu du mystère comme au Dieu des armées, il se refuse au Dieu qui divise, car il est lumière et bonté, car il est unité »

Ce « Dieu des armées », il apparait littéralement dans la Bible hébraïque : Elohim Tsebaoth, « Dieu des armées »… il aura ensuite la fortune que l’on sait. Il « divise » , au cours de l’histoire et de ses vicissitudes, l’humanité entre juifs et non juifs, entre chrétiens et païens, puis pour finir entre « musulmans » et « mécréants »… dualisme toujours ! ce « Dieu » qui « divise », il est aussi, étymologiquement toujours et en langue grecque cette fois : le Diable, de « diabalein » : diviser.

Mais la religion purement spirituelle du Verbe intérieur, elle, ne divise pas; car vous ne pouvez pas dire : « à toi ta religion charnelle, à moi ma religion spirituelle », sous peine de contredire ce que vous dites dans l’acte même de le prononcer !

on n’appartient pas à cette religion comme on appartiendrait à un camp : car elle est activité et effort intérieur et spirituel, effort incessant contre la mauvaise herbe charnelle qui repousse toujours… et cette activité, elle se relâche et disparait, peut être définitivement, si vous l’interrompez pour « constater » qu’elle est en vous.

« Si l’esprit se définit une capacité de progrès interne, il aperçoit par là même qu’il n’épuise pas son essence véritable dans ce qu’il a réalisé déjà, qu’il y a en lui, au delà de son actualité, un principe idéal dont son effort constant atteste à toute heure la présence et l’efficacité. A mesure qu’il s’approche de cet idéal de perfection, il participe davantage au Dieu intérieur; la vie religieuse consiste dans l’ascension perpétuelle de l’esprit, dans la déification ».

Et Brunschvicg caractérise à merveille les athées, non pour les condamner ou les excommunier, mais pour les éveiller : et d’ailleurs je m’exprime mal, car cet « athéisme », comme je le disais plus haut, il est en nous tous, et il prend le masque de la foi :

« Parole étrange sans doute pour ceux qui conçoivent l’homme comme n’étant qu’un individu, et le placent en regard d’un Dieu individu, mais qui paraîtra naturelle à ceux qui, ayant pris conscience de la vie spirituelle, savent qu’on s’y élève d’autant plus haut qu’on y est au dessus des déterminations purement individuelels, plus près de la raison universelle qui est la racine de tout esprit, qui lui apporte la communication directe et comme la révélation permanente du divin ».

Cette « Raison universelle des esprits » dont parlait Malebranche pour nommer le Christ-Logos, et il le décrivait, selon une belle formule que cite souvent Brunschvicg, comme ce qui fait que « nous avons toujours du mouvement pour aller plus loin, pour défaire et refaire notre être »

Si l’esprit humain  est, en sa racine, intellect, capacité à former des idées,  c’est l’attitude vis à vis de la vérité qui sera primordiale; et c’est elle qui déterminera, selon le choix que l’on fait de la vérité qui est , conduisant au scepticisme, ou de la vérité intérieure comme effort qui conduit au rationalisme, le destin spirituel de l’homme : vie ou mort…. car concevoir la vérité comme une chose quasi-matérielle (ou comme contenue dans un Livre saint) conduit à concevoir le bien comme obéissance à une Loi divine, une chari’a, obéissance sanctionnée par des « récompenses » dans l’au delà.  Et cette attitude vis à vis du problème intellectuel de la vérité et du problème moral détermine à son tour celle vis à vis du problème religieux : Amor Dei intellectualis, ou athéisme du « Dieu transcendant » qui EST.

Ecoutons et surtout méditons incessamment, pour finir, cette magnifique parole de Brunschvicg :

« en définitive, les trois propositions génératrices du scepticisme, de l’immoralisme, et de l’athéisme, sont : le vrai est , le bien est, Dieu est ».

J’ai promis une démonstration, il me semble qu’elle est maintenant terminée, aussi puis je conclure selon la formule consacrée :

CQFD.

petit supplément non dénué d’importance :

si les croyants sont en fait (à leur coeur défendant, et sans le savoir, un peu comme Monsieur Jourdain faisait de la prose) les athées, alors pourrait on dire que ceux qui se considèrent comme athées sont en fait…les croyants ? et si ceux qui se disent spiritualistes sont en fait matérialistes, pourrait on dire que les matérialistes sont en fait…les vrais spiritualistes ?

les deux problèmes sont d’ailleurs liés car athéisme va souvent avec matérialisme, sans que ce soit une nécessité.

En fait il faut surtout se méfier des mots, et spécialement de ces mots un peu fourre-tout de « matérialisme », « spiritualisme », « athéisme »… on distingue souvent un matérialisme méthodologique, celui de la science, un matérialisme métaphysique, un matérialisme dialectique… or il serait dangereux de confondre le premier avec le second, ou un de ceux qui appartiennent à la seconde catégorie, car depuis longtemps les scientifiques se méfient de la métaphysique,  à tort d’ailleurs, car ils en font sans le savoir, ou sans vouloir le reconnaître, dès qu’ils se préoccupent de questions épistémologiques ou qu’ils veulent intervenir dans les débats sur les « grandes questions éternelles ».

Mais, pour avoir longtemps été un athée virulent, (et l’être encore en ce sens là d’ailleurs), il me semble que l’on peut conjecturer que l’athéisme signifie le plus souvent un rejet de la religion, de toutes les religions, rejet fondé sur une déception vis à vis des hypocrisies de celles ci.

Et de même les prises de position matérialistes virulentes, quand elles dépassent le pur et simple matérialisme méthodologique du « working scientist » (qui signifie simplement une posture d’objectivité et de « neutralité sentimentale »vis à vis du phénomène à étudier) sont souvent motivées par un rejet des positions spiritualistes et de leurs aspects souvent ridicules. Un rejet de leur « matérialisme » inavoué donc ….

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s